j'ai
repris ici de larges extraits des questions réponses données
par John Bullit dans sa foire aux questions du portail
sans porte du canon pali
Depuis plusieurs années, j'ai
(John Bullitt) reçu des tonnes de questions par courriel de
gens qui me demandaient des réponses aux questions de bases
sur le Bouddhisme. Voici mes réponses à certaines des
plus courantes. Ces réponses reflètent mes propres
opinions et interprétations et ne représentent en
aucune manière un point de vue "définitif" du
Bouddhisme Theravada. Mon espoir est que ces réponses, de même
que les liens et références vers des suttas et autres
textes qui les accompagnent, serviront d'indices utiles pour vous
aider à vous diriger dans la direction de trouver des réponses
par vous-même.
Doctrine
et terminologie bouddhistes
Le
Bouddhisme est-il une religion ou une philosophie?
Le
Bouddha parlait de ses enseignements simplement comme le
Dhamma-vinaya -- "la doctrine et discipline" -- mais
pendant des siècles les gens ont essayé de catégorier
les enseignements de diverses façons, en essayant des faire
entrer dans les moules courants de la pensée culturelle,
philosophique, et religieuse. le Bouddhisme est un système
éthique -- un mode de vie -- qui conduit à un but très
spécifique et qui est doté de certains aspects et de la
religion et de la philosophie:
C'est
une philosophie.
Comme
la plupart des philosophies, le Bouddhisme tente d'encadrer les
complexités de l'existence humaine d'une façon qui nous
rassure qu'il existe effectivement un certain ordre sous-jacent à
l'Univers. Dans les Quatre Noble Vérités le Bouddha
résume prestement notre prédicament: il y a la
souffrance, elle a une cause, elle a une fin, et il y a une façon
d'atteindre cette fin. Les enseignements sur le kamma fournissent une
description complète et logiquement consistante de la nature
de la cause-et-effet. Et même le concept bouddhiste de
cosmologie, qu'à prime aborde certains pourraient trouver tiré
par les cheveux, est une extension logique de la loi du kamma. Selon
la le Dhamma, une profonde et inébranlable logique imprègne
le monde.
Ce
n'est pas une philosophie.
Au
contraire de la plupart des systèmes philosophiques, qui se
fondent sur la spéculation et la puissance du raisonnement
pour arriver à certaines sortes de vérités
logiques, le Bouddhisme se fonde sur l'observation directe de
l'expérience personnelle de chacun et sur l'entraînement
de certains talents afin d'obtenir un entendement et une sagesse
véritables. La spéculation oiseuse n'a pas sa place
dans la pratique bouddhiste. Quoiqu'étudier en classe, lire
des livres, et s'engager dans des débats animés
puissent jouer un rôle vital dans le développement de
l'entendement cognitif des concepts bouddhistes de base, le coeur du
Bouddhisme ne peut se réaliser ainsi. Le Dhamma n'est pas un
système de pensée abstrait conçu pour ravir
l'intellect; c'est une carte routière dont on doit se servir,
dont le but essentiel est à conduire le pratiquant au but
ultime, le nibbana.
C'est
une religion.
Au
coeur de chacune des grandes religions du monde, il y a un idéal
transcendant autour duquel gravitent ses principes doctrinaux. Dans
le Bouddhisme cette vérité est nibbana, la marque
distinctive de la cessation de la souffrance et du stress, une vérité
d'une extrême transcendance qui se détache de façon
singulièrement distincte de tout ce que nous pourrions croiser
dans le cadre de notre expérience sensorielle ordinaire. Le
nibbana est le sine qua non du Bouddhisme, l'étoile-guide et
but ultime vers lequel pointent tous les enseignements du Bouddha.
Puisqu'il vise à un idéal aussi noble et transcendant,
on peut à bon droit appeler Bouddhisme une religion.
Ce
n'est pas une religion.
En
violent contraste avec les autres principales religions du monde,
cependant, le Bouddhisme n'invoque aucune divinité, aucun
créateur suprême ou Soi suprême, aucun
Saint-Esprit ou Dieu d'amour omniscient à qui à qui
nous pourrions en appeler pour notre salut. Au lieu de quoi, le
Bouddhisme nous invite à nous élever par nos propres
moyens: à développer le discernement dont nous avons
besoin pour distinguer entre ces qualités en nous qui sont
maladroites et celles qui sont véritablement nobles et bonnes,
et à apprendre comment nourrir les bonnes et expurger les
mauvaises. Ceci est la voie qui mène à la plus haute
perfection du Bouddhisme, le nibbana. Pas même le Bouddha ne
pourrait vous amener à ce but; vous seuls devez accomplir le
travail qui est nécessaire pour compléter le périple:
"En
conséquence, Ananda, soyez des îles pour vous-mêmes,
des refuges pour vous-mêmes, ne cherchez pas de refuge
extérieur; avec le Dhamma en tant que votre île, le
Dhamma en tant que votre refuge, à la recherche d'aucun autre
refuge."
Malgré
sa nature non-théiste, cependant, la pratique bouddhiste
requiert quand même une sorte de foi. Ce n'est pas la foi
aveugle, une acceptation sans critique de la parole du Bouddha telle
que transmise par les écritures. Au contraire c'est saddha,
une confiance qui naît du fait d'avoir pris refuge dans le
Triple Joyau; c'est un empressement à être confiant que
le Dhamma, quand pratiqué avec diligence, conduira aux
récompenses promises par le Bouddha. Saddha est une
acceptation provisoire des enseignements, jamais sujet à
évaluation critique au cours de notre pratique, et qu'on doit
équilibrer en augmentant ses propres pouvoirs croissants de
discernement. Pour de nombreux bouddhistes, cette foi est exprimée
et renforcée grâces aux pratiques dévotionnelles
traditionnelles, comme de s'incliner devant une statue du Bouddha et
réciter des passages tirés des anciens textes Pâli.
Malgré une ressemblance superficielle avec les rites de
nombreuses religions théistes, ces activités ne sont
cependant ni des prières ni des supplications pour notre salut
qu'on ferait à un Autre transcendant. Ce sont au contraire
d'utiles et inspirants gestes d'humilité et e" respect
pour la profonde nobilité et dignité du Triple Joyau.
Note:
Selon la cosmologie bouddhiste, tout être
vivant demeure dans l'un de trente-trois '"plans"
distincts, dont notre plan humain et familier n'est qu'un seul.
Certains de ces domaines hébergent des êtres (les devas)
dotés de pouvoirs inhabituels et de corps physiques
extraordinairement subtils et raffinés -- voire pas de corps
du tout. Leur statut de presque divinité dure peu, cependant;
comme tous les êtres vivants, ils sont mortels et en fin de
compte sujets à la mort et à la renaissance dans
d'autres plans selon la pureté et 'l'habileté' de leurs
actions (kamma). Un de ces devas, le Grand Brahma, est si obscurci
par sa propre illusion qu'il se croit être le tout-puissant,
créateur qui voit tout de l'Univers (voir DN 11).
Est-ce
que Vipassana c'est la même chose que Theravada?
Non.
Le mot Pâli vipassana -- souvent traduit comme "pénétration"
-- a plusieurs sens. D'abord, il renvoie à l'éclair
d'entendement intuitif libératoire qui marque le point
culminant de la pratique de la méditation bouddhiste. Dans les
discours Pâli vipassana renvoie aussi à la capacité
de l'esprit à clairement observer comment se déroulent
les les événements au moment présent. En ce sens
il s'agit d'une adresse qu'un méditant développe en se
servant d'un large arsenal d'outils et de techniques méditatifs.
Avec la pratique, cette adresse peut amener le méditant au
seuil de la pénétration libératoire. Dans son
troisième sens, sens devenu particulièrement populaire
en Occident au cours des dernières années, "Vipassana"
(généralement écrit avec un "V"
majuscule) renvoie à un système de méditation --
vipassana bhavana, ou "Méditation pénétrante"
-- fondé sur une interprétation du Satipatthana Sutta
(MN 10), le "guide pratique" concis du Bouddha au
développement de l'attention (sati).
Ceux
qui suivent le populaire mouvement Vipassana citent souvent le
Satipatthana Sutta comme l'essence des enseignements du Bouddha;
certains prétendent même que les instructions qu'il
contient sont les seuls qui soient nécessaires pour arriver à
la pénétration libératoire. Le Bouddhisme
Theravada, par contraste, saisit les milliers de discours du Canon
pâli, chacun mettant en relief un aspect différent des
enseignements du Bouddha. Dans le Theravada chacun des discours
soutient, dépend de, reflète, et informe tous les
autres; même un discours aussi important que le Satipatthana
Sutta est considéré comme un simple fil dans la
complexe tapisserie des enseignements du Bouddha.
Quoique
de nombreux étudiants trouvent effectivement tout ce qu'ils
veulent dans le Vipassana, certains ont l'impression agaçante
qu'il manque quelque chose de fondamental. Cette réaction est
à peine surprenante, puisque le Satipatthana Sutta lui-même
a été prononcé devant un groupe de étudiants
relativement avancés qui étaient déjà
tout à fait expérimentés et bien établis
dans la voie de la pratique du Dhamma. Heureusement, toutes ces
pièces manquantes se trouvent dans le Canon pâli. Dans
le Canon on trouve les enseignements du Bouddha sur la générosité
et la vertu, les piliers jumelés sur lesquels toute pratique
spirituelle est construite. Ses enseignements sur le souvenir du
Bouddha, du Dhamma, et du Sangha servent à renforcer le
développement de saddha (foi, confiance), qui fournit un
carburant puissant pour soutenir la pratique du Dhamma longtemps
après que nous soyons revenus de cette retraite de méditation.
Dans le Canon on trouve aussi ses enseignements sur les inconvénients
de la sensualité et la valeur du renoncement; sur le
développement de tous les facteurs dans le Octuple Sentier,
y-compris ceux qui sont rarement explorés au cours des
retraites organisées de Vipassana: parole correcte, moyens de
vie corrects, effort correct, et concentration correcte (au sens de
jhana). Et il y a, beaucoup plus.
Dans
le Theravada, la voie de la pénétration libératoire
ne se résume pas à une seule technique de méditation
ou à être continuellement attentif. La voie de l'Eveil
est pleine de retournements étonnants mais, fort heureusement,
le Bouddha nous a laissé an assortiment d'outils à
utiliser et de techniques à apprendre pour nous aider à
accomplir le périple en toute sécurité.
Notes
. L'actuel mouvement Vipassana est sorti de la tradition de
Satipatthana Vipassana, un système de méditation basé
sur le Satipatthana Sutta et développé par des moines
birmans au début du 20ème siècle. Dans les
années 1950 les enseignants birmans Sayagyi U Ba Khin (un
laïc; 1899-1971) et Mahasi Sayadaw (un moine; 1904-1982) avaient
indépendamment codifié et institutionnalisé ces
enseignements, les rendant largement accessibles à travers
toute l'Asie du Sud et, à terme, l'Occident. L'approche à
la méditation Satipatthana Vipassana continue de jouir d'une
grande popularité parmi les laïcs en Occident.
Si
nous renaissons tous quand nous mourons, comment le Bouddhisme
explique-t-il l'augmentation de la population du monde?
Selon
la cosmologie bouddhiste, lorsqu'un être vivant décède
il ou elle renaît dans l'un des trente-et-un "plans"
ou "domaines" distincts de l'existence, dont le domaine de
l'humain n'est qu'un seul d'entre eux. Une augmentation de la
population humaine implique simplement que des créatures
venues d'autres plans renaissent dans le domaine de l'humain en plus
grande quantité que ne meurent les humains. De même, un
déclin de la population humaine impliquerait que des humains,
au moment de mourir, renaissent dans d'autres plans (ou samsara
existants, carrément) en plus grande quantité que
d'autres créatures ne renaissent comme humains. Ces sortes de
mouvements de population ont eu cours pendant d'innombrables éons
et en elles-mêmes n'ont que peu d'importance cosmique.
Note:
A l'exception d'un arahant, un être pleinement éveillé.
Les arahants ont échappé à la ronde des
renaissances une fois pour toutes et, au moment de mourir, ne
renaissent pas.
S'il
n'y a pas de soi, alors qui arrive à l'Eveil?
S'il n'y a
pas de soi, alors qu'est-ce qui renaît?
S'il n'y a pas de
soi, alors pourquoi...?
Nulle
part dans le Canon pâli le Bouddha ne déclare
catégoriquement, sans qualification, "Il n'y a pas de
soi". Toute question qui commence par les mots de, "S'il
n'y a pas de soi..." est ainsi fondamentalement trompeuse,
condamnant ainsi le questionneur à un enchevêtrement
désespérant de confusion -- "un roncier de vues
[erronées] " [MN 2]. Il vaut mieux mettre carrément
de côté de telles questions au profit de chaînes
de questionnement plus fructueuses.
J'entends
souvent le mot "sangha" ces jours-ci dans les cercles
bouddhistes. Qu'est-ce que ça signifie réellement?
Le
mot "sangha" en pâli, signifie littéralement
"groupe" ou "congrégation", mais quand on
le trouve dans les suttas, le mot renvoie généralement
à l'un des deux types très spécifiques de
groupes: soit la communauté moniale bouddhiste (bhikkhus et
bhikkhunis), soit la communauté des gens qui ont atteint au
moins le premier stade de l'Eveil. Au cours des dernières
décennies, on a vu apparaître en Occident un nouvel
usage du mot, qui ne semble avoir aucun fondement dans les
enseignements classiques du Bouddhisme Theravada: l'usage du mot
"sangha" pour décrire un groupe de méditation
ou toute sorte de communauté spirituelle. Ça l'air
innocent comme ça, mais cet usage spécifique peut mener
-- et y arrive souvent -- à une profonde confusion à
propos de l'un des nombreux points fondamentaux des enseignements du
Bouddha, la prise de refuge dans le Triple Joyau.
L'acte
de prendre refuge dans le Bouddha, le Dhamma, et le Sangha marque un
tournant important dans le développement spirituel de
quelqu'un, le véritable départ du périple au
long de la voie bouddhiste. Il aide à générer
une saine attitude envers la pratique bouddhiste en encourageant le
développement de la vue correcte, et sert de constant rappel
autant du but de la pratique que des moyens d'atteindre ce but. Il
est donc crucial d'être clair et précis sur le sens des
refuges, si on ne veut pas finir sur un chemin tout à fait
différent de celui que le Bouddha avait à l'esprit.
En
prenant refuge dans le Sangha, nous posons nos vues intérieures
sur la communauté idéale des Nobles Personnes
(ariya-sangha) -- ces moines, nonnes, laïques hommes et femmes
qui, à travers l'histoire, ont par leurs propres efforts
diligents réussi à mettre à exécution les
instructions du Bouddha et ont obtenu au moins un aperçu du
bonheur suprême de nibbana. Si ceci est la direction dans
laquelle nous souhaitons nous aussi aller, alors c'est chez ces
individus qu'il nous faut nous tourner pour prendre refuge:
Le
Sangha des disciples du Béni du Ciel qui ont bien pratiqué...
qui ont pratiqué sans façon... qui ont pratiqué
méthodiquement... qui ont pratiqué avec maîtrise
-- autrement dit, les quatre types [de noble disciples] quand on les
prend par paires, les huit quand on les prend comme types individuels
-- ils sont le Sangha des disciples du Béni du Ciel: dignes de
cadeaux, dignes d'hospitalité, dignes d'offrandes, dignes de
respect, l'incomparable champ de mérites pour le monde.
Mais
prendre refuge ne s'arrête pas là. On nous demande aussi
de nous tourner vers la communauté monastique (bhikkhu-sangha)
pour refuge, car c'est grâce lignage ininterrompu de cette
institution vieille de 2,600 ans que nous avons la chance aujourd'hui
de pouvoir entendre les enseignements. Qui plus est, l'exemple vivant
de la communauté monastique sert à nous rappeler de
l'immense valeur de la générosité, de vivre une
vie moralement droite, du renoncement -- bref, il nous rappelle qu'il
est effectivement possible de vivre une vie pleinement en accord avec
chaque aspect des enseignements du Bouddha. En réalité,
évidemment, ce n'est pas chaque moine ou nonne qui vit
nécessairement au niveau des hauts standards de comportement
du Bouddha. C'est pour cette raison que c'est dans l' institution du
Sangha que nous prenons refuge, et pas dans les membres individuels
eux-mêmes. Ceci est le Sangha vers lequel les gens se sont
tournés depuis l'époque du Bouddha:
Je
vais vers Maître Gotama pour refuge, au Dhamma, et au Sangha
des moines. Puisse Maître Gotama se rappeler de moi comme
disciple laïc qui est allé vers lui pour refuge, à
partir de ce jour, pour la vie. ( ainsi
se terminent très souvent nombre de Sutta)
Ce
sont donc de ces exceptionnels groupes de gens -- l' ariya-sangha et
le bhikkhu-sangha -- que parlent le Troisième Joyau et Refuge;
ce sont ces groupes qu'on demande à prendre pour refuge, et
pas à certaine communauté vaguement définie
d'amis de Dhamma du même avis et collègues de
méditation. Dans quel groupe préférez-vous
mettre votre confiance?
Dans
un effort pour résoudre cette confusion, certains auteurs ont
proposé diverses alternatives au mot "sangha" pour
décrire des rassemblements et des communautés de
compagnons du Dhamma. Mais ceci me laisse toujours me demander
pourquoi il nous faudrait ici invoquer la langue Pâli. Est-ce
qu'un groupe de méditation a vraiment besoin d'un nom spécial?
Pourquoi ne pas simplement l'appeler un "groupe de méditation"
et le laisser comme ça?
"Sangha"
est un terme important au sens riche et précis. Il signifie
quelque chose de véritablement extraordinaire et brillant qui
peut constamment nous rappeler les plus hautes et très
excellentes possibilités que la Voie peut offrir.
Utilisons-les bien.
Qui
est Maitreya (Metteyya)
Quelle
est la différence entre un Bouddha et un arahant?
Qu'est-ce
qu'un "Bouddha Privé" (paccekabuddha)?
Selon
la tradition Theravada, de nombreux Bouddhas sont venus et repartis à
travers d'innombrables éons. Une toute petite fois de très
long temps en très long temps, après qu'une longue
période d'obscurité spirituelle ait recouvert le monde,
à terme un individu naît qui, par ses propres efforts,
redécouvre la piste depuis longtemps oubliée de l'Eveil
et se libère une fois pour toutes de la longue ronde des
renaissances, devenant par là un arahant ("personne
digne", quelqu'un qui a pleinement réalisé
l'Eveil). Si un tel être choisit de ne pas partager sa
découverte avec les autres on l'appelle un Bouddha
"Silencieux" ou "Privé" (paccekabuddha).
S'il choisit de livrer son message (sasana) au monde on l'appelle,
simplement, un Bouddha. Certains des disciples d'un Bouddha peuvent
eux-mêmes devenir arahants, mais ce ne sont pas des Bouddhas,
puisque ils ont eu besoin d'un Bouddha pour leur montrer le chemin de
l'Eveil. (Tous les Bouddhas et paccekabuddhas sont des arahants, mais
pas tous les arahants sont des Bouddhas ou des paccekabuddhas.) Peu
importe à quel point le sasana se répand loin et de
tous côtés, tôt ou tard il succombe à
l'inexorable loi d'anicca (impermanence), et s'efface des mémoires.
Le monde redescend dans l'obscurité, et le cycle long de
plusieurs éons se répète.
Le
plus récent des Bouddha est né Siddhattha Gotama en
Inde au sixième siècle avant JC. C'est généralement
de lui qu'on parle quand on dit "Le Bouddha".
Le
prochain Bouddha qui doive apparaître est dit être
Maitreya (Scrt; Pâli: Metteyya), un bodhisatta qui réside
présentement dans les cieux Tusita. La légende veut
qu'à un moment donné dans un avenir très
distant, une fois que les enseignements du Bouddha courant auront
depuis longtemps été oubliés, il renaîtra
en tant qu'être humain, redécouvrira les Quatre Noble
Vérités, et enseignera le Noble Octuple Sentier une
fois encore. Quoiqu'il joue un rôle important dans certaines
traditions du Bouddhisme Mahayana, dont les disciples en appellent à
lui pour une renaissance favorable et leur salut, il joue un rôle
insignifiant dans le Theravada. Je crois qu'il n'est mentionné
qu'une fois dans tout le Tipitaka, dans le Cakkavatti-Sihanada Sutta
(DN 26; Le Rugissement du Lion sur la Mise en route de la Roue):
[Le
Bouddha:] Et en ce temps de gens avec une durée de vie de
quatre-vingts-mille ans, il surgira dans le monde un Seigneur béni,
un Arahant, Bouddha pleinement éveillé, du nom de
Metteyya, doté de sagesse et comportement, un Bien allé,
Connaisseur des mondes, incomparable Entraîneur d'hommes dignes
d'être domptés, Enseignant des dieux et des humains,
éveillé et béni, juste comme je le suis
maintenant. -- "
Maitreya
est souvent dépeint dans l'art chinois et japonais comme ce
joyaux type au gros ventre.