sumedho

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Luang Por Sumedho
Né
à Seattle (Etats-Unis), en 1934, il a obtenu une
Maîtrise
en études orientales à l'Université de
Californie, à Berkeley, puis passé une
période
dans la marine américaine et a enseigné dans le
«
Peace Corps ». Ordonné moine à Nong
Kai, au
Nord-Est de la Thaïlande, en 1967, il a
étudié
pendant douze ans auprès du célèbre
maître
de méditation de l'école de forêt,
Ajahn Chah,
qui lui confia le rôle de premier supérieur d'un
monastère thaï réservé aux
Occidentaux, Vat
Pah Nanachat, en 1974.
En
1977 Ajahn Chah fut invité en Angleterre par l' «
English Sangha Trust » en compagnie d'Ajahn Sumedho. Voyant
l'intérêt suscité, Ajahn Chah demanda
à
Ajahn Sumedho de demeurer à Londres (au Hampstead
Vihâra)
et de prendre la charge d'un petit groupe de bhikkhu. En 1979, il
établit le monastère de Chithurst, dans une
forêt
du Sussex, en Angleterre. En 1981, il fut nommé
upajjhâya
(précepteur).
Il
est
abbé actuellement du monastère Amaraviti, au Nord-ouest
de Londres, où il est responsable de la
direction spirituelle d'une importante communauté de moines
et
de nonnes. Il conduit de nombreuses retraites dans le monde entier
|
Le
besoin de sagesse dans le monde
Nous
sommes tous ici avec un intérêt commun. Au lieu
d’être
dans une salle pleine d’individus qui suivent leurs propres
vues et
opinions, ce soir nous sommes ici à cause de notre
intérêt
commun pour la pratique du Dhamma. Quand autant de
gens
viennent ici un dimanche soir, on commence à voir le
potentiel
de l’existence humaine, d’une
société qui serait
basée sur l’intérêt commun
dans la vérité.
Nous nous absorbons dans le Dhamma. Ce qui survient
s’en va
et dans ce fait-ci il y a la paix. Ainsi nous commençons
à
lâcher prise de nos habitudes et de l’attachement
aux
phénomènes conditionnés, nous
commençons
à réaliser la plénitude et
l’unité du
mental.
C’est une
réflexion très importante pour notre temps,
où
il y a tant de conflits et de guerres parce que les gens ne peuvent
s’accorder sur rien. Les Chinois contre les Russes, les
Américains
contre les Soviétiques, etc. , etc. Et à quel
sujet ? À
propos de quoi y-a-t-il bagarre ? À propos de perceptions du
monde. « C’est mon pays et je veux qu’il
soit comme ceci.
Je veux ce genre de gouvernement et ce type de système
politique et économique. », et cela continue sans
fin.
Cela va jusqu’à torturer et tuer des
êtres au point où
nous finissons par détruire le pays que nous voulions
libérer
et que nous rendons esclaves et déconcertons tous les gens
que
nous essayons de rendre libres. Pourquoi ? Parce que nous ne
comprenons pas les choses telles qu’elles sont.
Le chemin du
Dhamma est d’observer la nature et
d’harmoniser nos vies
avec les forces naturelles. Dans la civilisation européenne
nous n’avons jamais regardé les choses de cette
manière.
Nous l’avons idéalisé. Tout serait
idéal si
cela était à notre convenance. Et si nous nous
attachons simplement aux idéaux, nous finissons par faire ce
que nous avons fait à la Terre aujourd’hui,
c’est-à-dire
de la polluer et d’être carrément sur le
point de la
détruire entièrement parce que nous
n’avons pas
compris les limites placées sur nous par la Terre. Ainsi,
dans
ce domaine, nous avons parfois à apprendre la
manière
abrupte de tout faire de travers et de semer un chaos total.
Espérons
que cela ne soit pas une solution insoluble !
Maintenant,
dans ce monastère, les moines et les nonnes pratiquent le
Dhamma avec diligence. Pendant tout le mois de
janvier, nous
ne parlons même pas mais nous dédions nos vies et
offrons les bienfaits de notre pratique pour le bien-être de
tous les êtres vivants. Tout ce mois est une
prière
continue et une offrande de cette communauté pour le
bien-être
de tous les êtres vivants. C’est un moment pour
réaliser
la vérité, voir, écouter et observer
comment les
choses sont ; un moment pour éviter de se laisser aller
à
des habitudes égoïstes, à des humeurs,
d’y
renoncer pour le bien-être de tous les êtres
vivants.
C’est un signe pour tous afin de
réfléchir sur le
genre de dévouement et de sacrifice pour aller vers la
vérité.
C’est une manière de montrer la direction vers la
réalisation de la vérité dans notre
propre vie,
plutôt que de vivre simplement pour la forme, de
manière
habituelle en suivant les conditions opportunes du moment.
C’est une
réflexion pour les autres. On abandonne des occupations
immorales, égocentriques ou peu sympathiques pour
être
quelqu’un qui va vers ce qui est irréprochable,
vers la
générosité, la moralité et
l’action
pleine de compassion dans le monde. Si nous ne faisons pas cela,
c’est une situation complètement sans issue. On
pourrait
aussi bien tout faire sauter maintenant car s’il
n’y a personne
qui soit d’accord d’utiliser sa vie à
une fin nonégoïste,
alors rien ne sert plus à rien.
Ce pays est
généreux et bienveillant, mais nous le prenons
pour
quelque chose d’acquis et nous en tirons le maximum que nous
pouvons. Nous n’essayons pas de lui donner quelque chose en
retour.
Nous exigeons beaucoup en voulant que le gouvernement rende tout
parfaitement agréable pour nous et ensuite nous critiquons
les
autorités quand elles ne veulent pas le faire. De nos jours,
on trouve des individus égoïstes qui
mènent leur
vie à leur guise, sans réfléchir et
sans vivre
d’une manière qui serait un cadeau pour la
société.
En tant qu’êtres humains, nous pouvons faire de nos
vies de
grands bonheurs ; ou bien nous pouvons devenir une nuisance dans le
paysage en épuisant les ressources de la Terre pour notre
gain
personnel et ne retirant le plus que nous pouvons pour
nous-mêmes,
pour « moi » et « ce qui est à
moi ».
Dans la
pratique du Dhamma, le sens du « moi
» et «
ce qui est à moi » commence à
disparaître -
le sens du « moi » et « ce qui est
à moi »
en tant que petite créature assise ici, qui a une bouche et
doit manger. Si je vis simplement les désirs de mon corps et
mes émotions, alors je deviens une petite
créature
avide et égoïste. Mais si je
réfléchis à
la nature de ma condition physique et à comment elle peut
être
utilisée pendant cette vie-ci pour le bien de tous les
êtres
vivants, alors cet être vivant devient une
bénédiction
(Non que la personne se considère comme une
bénédiction,
« Je suis une bénédiction ’ ;
car c’est un
autre genre de vanité si vous commencez à vous
attacher
à l’idée que vous êtes une
bénédiction
!). Ainsi on vit véritablement chaque jour d’une
manière
que sa vie soit quelque chose qui apporte de la joie, de la
compassion, de la gentillesse ou qu’au moins elle ne cause
pas de
confusion ni de misère supplémentaires. Le moins
que
nous puissions faire est de nous ne tenir aux cinq Préceptes
pour que notre corps et notre parole ne soient pas utilisés
pour le bouleversement, la cruauté et
l’exploitation de
cette planète. Est-ce trop demander de chacun
d’entre vous ?
N’est-ce
pas plutôt extraordinaire de renoncer à faire ce
que
vous avez envie de faire sur le moment afin d’être
à
la fin un peu plus attentif et responsable de ce que vous faites et
dites ?
Nous pouvons
tous nous y mettre, être généreux et
bons, avoir
de la considération pour les autres êtres avec
lesquels
nous partageons cette planète. Nous pouvons explorer avec
sagesse et comprendre les limites dans lesquelles nous vivons de
manière à ne plus être induit en erreur
par le
monde sensoriel. C’est pour cela que nous
méditons. Pour un
moine ou pour une nonne, c’est un style de vie, un sacrifice
de nos
désirs particuliers et de nos caprices pour le bien de la
communauté, du Sangha.
Si je
commence à penser à moi et à ce que je
veux,
alors je vous oublie tous parce ce que ce que je désire en
particulier en ce moment pourrait ne pas être
nécessairement
bénéfique pour vous. Mais lorsque
j’utilise le refuge
du Sangha comme mon guide, alors le
bien-être de la
communauté est ma joie et je renonce à mes
caprices
pour le bien-être du Sangha.
C’est pour cela que les
moines et les nonnes se rasent la tête et vivent selon la
discipline établie par le Bouddha. C’est un moyen
de
s’entraîner pour lâcher prise de
l’ego comme manière
de vivre ; une manière qui n’amène pas
de honte ni de
culpabilité ni de peur dans sa propre vie. On perd le sens
de
l’individualité qui sépare les
êtres parce
qu’on n’a plus envie d’être
indépendant des autres
ou de les dominer mais de s’harmoniser et de vivre pour le
bien de
tous les êtres plutôt que pour le sien propre.
La communauté
laïque peut participer à cela. Les moines et les
nonnes
dépendent de la communauté laïque pour
survivre,
ainsi c’est une responsabilité importante pour la
communauté
laïque. Et à vous laïques, cela vous sort
de vos
problèmes particuliers, de vos obsessions parce que lorsque
vous prenez de votre temps pour venir ici, pour donner, aider, pour
pratiquer la méditation et écouter le Dhamma,
vous vous trouvez absorbé dans cette unité de la
vérité. Nous pouvons être ici sans
envie ni
jalousie, ni peur, ni doute, ni avidité ou convoitise,
à
cause simplement de notre inclination à réaliser
la
vérité. Faites-en l’intention de votre
vie ; ne
gaspillez pas votre vie dans des occupations futiles !
On peut
appeler cette vérité par plusieurs noms. Les
religions
essayent de transmettre cette vérité de diverses
manières, à travers des concepts et des
doctrines, mais
nous avons oublié de quoi la religion parle vraiment. Ces
cent
dernières années, notre
société a suivi
la science matérialiste, la pensée rationnelle et
l’idéalisme basés sur notre
capacité de
concevoir des systèmes politiques et économiques
;
pourtant cela ne fonctionne pas, n’est-ce pas ? Nous ne
pouvons pas
vraiment créer une démocratie ou un communisme
authentiques ou un vrai socialisme - nous ne pouvons créer
cela parce que nous sommes encore trompés par
l’ego. Alors,
cela finit dans la tyrannie et l’égoïsme,
dans la peur
et la suspicion. Ainsi la situation présente du monde est le
résultat de notre incompréhension des choses
telles
qu’elles sont et c’est un moment où
chacun de nous a à
faire de sa propre vie quelque chose qui en vaille la peine si
vraiment nous sommes concernés par ce que nous pouvons
faire.
Maintenant
comment le faire ?
Premièrement, vous devez admettre le
genre de motivations et de penchants égoïstes
d’immaturité émotionnelle qui vous
poussent afin de
les connaître et d’en lâcher prise ; pour
s’ouvrir
aux choses telles qu’elles sont, pour être alerte.
Simplement
notre pratique d’ânâpânasati
est un bon
commencement, n’est-ce pas ? Ce n’est pas
simplement une autre
habitude ou un nouveau passe-temps que vous développer pour
vous occuper mais un moyen de mettre de l’effort pour
observer,
vous concentrer et être avec la respiration telle
qu’elle
est.
Au lieu de
faire cela, vous pourriez par exemple regarder la
télévision,
aller au pub et faire toutes sortes d’autres choses pas
très
judicieuses - qui d’une certaine manière peuvent
sembler
plus importantes que de suivre la respiration, n’est-ce pas ?
Vous
regardez les nouvelles à la télévision
et vous
voyez qu’on tue des gens au Liban - d’une certaine
manière,
cela semble plus important que d’être simplement
assis à
suivre l’inspiration et l’expiration. Mais ceci est
le
raisonnement du mental qui ne comprend pas les choses telles
qu’elles
sont ; ainsi nous sommes d’accord pour regarder les ombres
sur
l’écran et la misère qui peut
être transmise
par la télévision au sujet de
l’avidité, la
haine, la stupidité perpétrées de la
manière
la plus méprisable. Ne vaudrait-il pas mieux passer ce temps
en étant avec son corps tel qu’il est en ce
moment-ci ? Il
vaudrait mieux voir du respect pour cet être physique qui se
trouve ici de manière à apprendre à ne
pas
l’exploiter, à ne pas mal l’utiliser et
ensuite à
ne pas être mal avec lui quand il ne nous donne pas la joie
que
nous espérons.
Dans la vie
monastique, nous n’avons pas la
télévision parce que
nous consacrons nos vies à faire des choses plus utiles
comme
de suivre notre respiration et aller et venir sur le sentier de la
forêt. Les voisins pensent que nous sommes
cinglés.
Chaque jour, il vient des gens sortir enveloppés dans des
couvertures qui montent et descendent sur le chemin. « Que
font-il ? Ils doivent être fous ! » Nous avons eu
une
chasse au renard ici il y a quelques semaines. Les meutes chassaient
les renards à travers nos bois (ils faisaient vraiment
quelque
chose d’utile et de bénéfique pour tous
les êtres
vivants !). Soixante chiens et tous ces adultes poursuivent un pauvre
petit renard. Il vaudrait mieux passer ce temps à monter et
descendre sur un sentier dans la forêt, n’est-ce
pas ? Cela
vaudrait mieux pour le renard, pour les chiens, pour Hammer Wood et
pour les chasseurs de renard. Mais les gens dans le West Sussex
pensent qu’ils sont normaux et nous qui sommes fous. Quand
nous
suivons notre respiration, que nous montons ou descendons le sentier
dans la forêt, au moins nous ne terrifions pas les renards !
Comment vous sentiriez-vous si soixante chiens vous poursuivaient ?
Imaginez juste comment votre coeur battrait si vous aviez une meute
de soixante chiens à vos trousses et des gens à
cheval
leur criant de vous attraper. Ce n’est pas très
joli quand
vous y réfléchissez.
Pourtant
c’est considéré comme normal et
même comme une
chose souhaitable à faire dans ce coin
d’Angleterre. Parce
que les gens ne prennent pas le temps de
réfléchir, on
peut être les victimes de nos habitudes, pris dans les
désirs
et les habitudes. Si vraiment nous explorions la chasse au renard,
nous ne la ferions pas. Si vous êtes un tant soit peu
intelligent et que vraiment vous considériez ce dont il
s’agit, vous ne souhaiteriez pas le faire. Tandis
qu’avec des
choses simples, comme monter et descendre un sentier dans la
forêt
et suivre votre respiration, vous commencez à devenir
conscient et beaucoup plus sensible. La vérité se
révèle à nous à travers de
simples
pratiques apparemment insignifiantes que nous faisons tout comme nous
suivons les cinq Préceptes qui sont un champ de
bénédiction
pour le monde.
Quand vous
commencez à réfléchir sur les choses
telles
qu’elles sont et quand vous vous souviendrez du moment
où
votre vie a sérieusement été en
danger, vous
saurez combien c’est horrible. C’est une
expérience
absolument terrifiante. On ne souhaite pas vraiment
intentionnellement soumettre une créature à une
telle
expérience, si vous y avez réfléchi.
Iln’y a
aucune raison pour qu’intentionnellement quelqu’un
soumettre une
créature à une telle terreur. Si vous ne
réfléchissez
pas, vous pensez que les renards n’ont aucune importance. Ils
sont
juste là pour mon plaisir - c’est quelque chose
à
faire un dimanche après-midi. Je me souviens d’une
dame qui
est venue me voir et qui était très
perturbée
par le fait que nous achetions l’Étang de Hammer
7. Elle
disait, « Vous savez, je retire une telle paix de cet
étang,
je ne viens pas ici pour pêcher, je viens ici pour le calme
de
l’endroit ». Elle passait tout son dimanche
à pêcher,
simplement pour être en paix ! Elle avait l’air
tout à
fait en bonne santé, elle était un peu boulotte,
elle
ne mourrait pas de faim. Elle n’avait pas vraiment besoin de
pêcher
pour survivre. « Vous avez assez d’argent je pense
pour
acheter du poisson ; vous pourriez venir méditer simplement
ici. Vous n’avez pas besoin de pêcher. ».
Elle n’avait
pas vraiment envie de méditer. Et puis elle continuait
à
parler des lapins qui lui mangeaient ses choux si bien
qu’elle
avait dû poser toutes sortes de pièges pour tuer
les
lapins pour qu’ils ne mangent pas ses choux. Cette femme ne
pensait
jamais à rien. Elle refuse les choux à ses lapins
mais
elle peut très bien sortir et acheter des choux. Mais les
lapins ne peuvent pas le faire. Ils doivent faire de leur mieux pour
manger les choux de quelqu’un d’autre. Cette femme
n’a jamais
vraiment laissé son mental s’ouvrir aux choses
telles
qu’elles sont, à ce qui est vraiment bon et
bienveillant. Je
ne dirais pas que c’est une personne cruelle ou sans coeur,
je
dirais que c’est une femme de classe moyenne qui est
ignorante, qui
ne réfléchit jamais à la nature et qui
ne
réalise pas ce qu’est le Dhamma.
Naturellement, elle
pense que les choux sont là pour elle et pas pour les lapins
et que les poissons sont là pour qu’elle ait un
dimanche
après-midi paisible à les torturer.
Cette
capacité à réfléchir et
à observer
est ce vers quoi le Bouddha a attiré l’attention
dans ses
enseignements, comme la libération du fait de suivre
aveuglément les habitudes et les conventions.
C’est une
manière de libérer cet être de
l’illusion de la
condition sensorielle par la réflexion avisée sur
comment sont les choses. Nous commençons à
observer
nous-mêmes le désir pour un objet ou
l’aversion,
l’apathie ou la stupidité du mental. Nous ne
choisissons pas
ou n’essayons pas de créer des conditions
plaisantes pour
notre plaisir personnel, nous sommes même disposés
à
supporter des conditions déplaisantes ou
misérables
afin de les comprendre telles qu’elles sont et
d’être
capables d’en lâcher prise. Nous
commençons à
nous libérer du fait que nous évitons les choses
que
nous n’aimons pas. Nous commençons aussi
à être
plus attentifs à la manière dont nous vivons. Une
fois
que nous voyons ce qu’il en est, nous désirons
vraiment être
très attentif à ce que nous faisons et disons.
Vous
n’avez plus envie de vivre au dépens des autres
créatures.
On ne trouve pas que sa vie est plus importante que celle des autres.
On commence à ressentir la liberté et la
légèreté
de cette harmonie avec la nature plutôt que le poids de
l’exploitation de la nature pour des gains personnels. Quand
vous
ouvrez le mental à la vérité, vous
voyez qu’il
n’y a rien dont on doive avoir peur. Ce qui survient
disparaît,
ce qui naît meurt et est non-soi - de telle sorte que notre
sentiment d’être identifié avec ce corps
humain
s’estompe. Nous ne nous considérons plus comme un
entité
isolée, aliénée, perdue dans un
univers
mystérieux et terrifiant. On n’est pas
submergé par
le monde, on n’essaie pas de trouver quelque chose
à quoi
l’on puisse s’accrocher et avec quoi l’on
puisse se sentir en
sécurité, parce que nous nous sentons
en paix avec
le monde. À ce moment-là, nous sommes
absorbés
dans la vérité.
****
Qu'est ce que la
méditation ?
Le
mot « méditation » est très
utilisé
de nos jours et recouvre une grande variété de
pratiques. Dans le bouddhisme, ce mot désigne deux sortes de
méditations, l’un est appelée «
samatha »
et l’autre « vipassana ».
La méditation
samatha consiste à concentrer le mental sur un objet
plutôt
que de le laisser errer vers d’autres choses. On choisit un
objet
comme la sensation de la respiration, et l’on porte pleine
attention aux sensations de l’inspiration et de
l’expiration.
Probablement qu’à travers cette pratique vous
commencerez à
faire l’expérience d’un mental calme, et
vous deviendrez
tranquille parce que vous coupez court à toutes les autres
choses qui viennent à travers les organes des sens.
Les
objets dont vous vous servez pour être tranquille sont
tranquillisants (inutile de le dire !). Si vous voulez avoir un
mental agité, allez vers quelque chose d’excitant,
n’allez
pas dans un monastère bouddhiste, allez à la
discothèque !... C’est facile de se concentrer sur
l’excitation, n’est-ce pas ? C’est une
vibration si forte
qu’elle vous prend entièrement. Si vous allez au
cinéma
et qu’il s’agisse vraiment d’un film
d’action, vous êtes
captivé. Vous n’avez pas besoin de faire un effort
pour voir
quelque chose de très excitant, de romantiques ou plein
d’aventures. Mais de voir un objet tranquillisant peut
être
terriblement ennuyeux si vous n’y êtes pas
habitué.
Qu’est-ce qui est plus ennuyeux que de suivre sa respiration
si
vous êtes habitué à des choses plus
excitantes ?
Ainsi pour ce genre de choses, il vous faut faire un effort du mental
parce que la respiration n’est pas en soi une chose
intéressante,
ni romantique, ni aventureuse, ni brillante, elle est juste comme
elle est. Alors vous devez faire un effort parce que vous
n’êtes
pas stimulé de l’extérieur. Dans cette
méditation,
vous n’essayez pas de créer une image, vous vous
concentrez
sur la sensation ordinaire de votre corps tel qu’il est juste
en ce
moment afin de soutenir et garder votre attention sur votre
respiration. Quand vous faites cela, la respiration s’affine
de
plus en plus et vous vous calmez. Je connais des gens qui ont
prescrit la méditation samatha pour soigner
l’hypertension
parce qu’elle calme le coeur.
Voilà
ce qu’est la pratique du calme. Vous pouvez choisir divers
objets
de concentration, vous entraîner à soutenir
l’attention
jusqu’à l’absorption ou
jusqu’à devenir un avec
l’objet. Actuellement, vous ressentez une impression
d’unité
avec l’objet sur lequel vous vous êtes
concentré et
c’est ce que nous appelons absorption. L’autre
pratique est
appelée « vipassana » ou «
méditation
de la compréhension profonde ». Avec cette
méditation,
vous laissez le mental s’ouvrir à tout ce qui se
présente.
Vous
ne choisissez pas un objet particulier pour vous concentrer ou vous y
absorber, mais vous regardez bien afin de comprendre comment sont les
choses. Maintenant, ce que nous pouvons voir au sujet de comment sont
les choses est que toute expérience des sens est non
permanente. Tout ce que vous voyez, entendez, sentez, goûtez,
touchez, toutes les conditions du mental, vos sensations, souvenirs,
vos pensées, sont des conditions changeantes du mental qui
surgissent et disparaissent. En vipassanâ, nous prenons cette
caractéristique de la nonpermanence (ou du changement) comme
un moyen de regarder toute expérience sensorielle que nous
pouvons observer pendant que nous sommes assis en méditation.
Ce
n’est pas qu’une attitude philosophique ou une
croyance en une
théorie bouddhique particulière : il faut
connaître
la non-permanence depuis l’intérieur de soi en
laissant le
mental s’ouvrir pour contempler et être conscient
de la
manière dont les choses sont vraiment. Ce n’est
pas une
manière d’analyser les choses où
l’on suppose
qu’elles doivent être ainsi et quand elles ne sont
pas ainsi,
d’essayer d’imaginer pourquoi les choses ne sont
pas de la
manière dont on le souhaiterait. Avec la pratique de la
compréhension intérieure, nous
n’essayons pas de nous
analyser ni même de changer quoi que ce soit pour que cela
corresponde à nos désirs. Dans cette pratique,
nous
nous contentons d’observer patiemment que ce qui survient
disparaît, que ce soit mental ou physique.
Ainsi
cette pratique inclut les organes des sens eux-mêmes, les
objets des sens et la conscience qui naît à leur
contact. Il y a aussi les conditions mentales d’aimer ou de
ne pas
aimer ce que nous voyons, sentons, goûtons, ressentons ou
touchons ; les noms que nous leur donnons ; et les idées,
les
mots et les concepts que nous créons autour de
l’expérience
sensorielle. La plus grande partie de notre vie est basée
sur
de fausses assomptions que nous fabriquons de toutes pièces
en
ne comprenant pas et en n’explorant pas vraiment les choses
telles
qu’elles sont. Ainsi pour quelqu’un qui
n’est pas éveillé
et conscient, la vie tend à devenir déprimante ou
déroutante, spécialement quand on a des
déceptions
ou que des tragédies nous arrivent. Alors on se sent
submergé
parce qu’on n’a pas observé les choses
telles qu’elles
sont.
Dans
la terminologie bouddhique, nous utilisons le mot Dhamma (ou
Dharma) qui signifie « les choses telles
qu’elles sont
», « les lois naturelles ». Lorsque nous
observons
et « pratiquons le Dhamma »,
nous laissons le
mental s’ouvrir aux choses telles qu’elles sont. De
cette manière
nous ne réagissons plus de manière aveugle
à
l’expérience des sens, mais nous la comprenons et
à
travers cette compréhension nous commençons
à
lâcher prise de cela.
Nous
commençons à nous libérer du fait
d’être
juste submergé ou aveuglé et rendu confus par
l’apparence des choses. Maintenant, être conscient
et éveillé
n’est pas une façon de « devenir
» mais une
façon « d’être ».
Ainsi nous observons les
choses telles qu’elles sont en ce moment présent
plutôt
que de faire quelque chose maintenant qui doit devenir conscient dans
le futur. Nous observons le corps tel qu’il est en
étant
assis ici. Il appartient complètement à la
nature,
n’est-ce pas ? le corps humain appartient à la
terre, il a
besoin d’être soutenu par des choses qui viennent
de la
terre. Vous ne pouvez pas vivre seulement d’air ou ne pouvez
pas
importer de la nourriture depuis Mars ou Vénus. Il vous faut
bien manger les choses qui poussent sur cette Terre. Quand le corps
meurt, il retourne à la terre, il pourrit, se
décompose
et devient à nouveau un avec la terre. Il suit les lois de
la
nature, de la création et de la destruction,
naître et
ensuite mourir. Chaque chose qui naît ne reste pas de
manière
permanente dans un état donné ; il grandit,
vieillit et
ensuite meurt. Toutes les choses dans la nature, même
l’univers
lui-même, ont leur temps d’existence, naissance et
mort,
commencement et fin. Tout ce que nous percevons et pouvons concevoir
est changement ; c’est non permanent. De telle sorte que rien
ne
peut nous satisfaire de manière permanente.
Dans
la pratique du Dhamma, nous pouvons observer cette
insatisfaction de l’expérience sensorielle. Il
suffit
simplement de noter dans votre propre vie, les moments où
vous
vous attendez à retirer de la satisfaction des objets
sensoriels ou des expériences dont vous pouvez
être
temporairement satisfait, dont vous pouvez peut-être
être
content, et ensuite cela change. Cela est dû au fait
qu’il
n’y a aucun point qui ait une qualité ou une
essence
permanente dans la conscience des organes des sens. Ainsi
l’expérience des sens est toujours changeante et
si nous
sommes ignorants ou que nous ne comprenons pas cela, nous avons
tendance à en attendre beaucoup. Nous avons tendance
à
demander, à espérer et à
créer toutes
sortes de choses pour être en fin de compte terriblement
déçus,
désespérés, remplis de tristesse et de
peur. Ces
attentes et ces espoirs nous conduisent au désespoir,
à
l’angoisse, à la tristesse, vers la douleur, la
lamentation,
la vieillesse, la maladie et la mort.
Maintenant
il y a un moyen d’examiner la conscience des organes
sensoriels. Le
mental peut penser en termes d’abstractions, il peut
créer
toutes sortes d’idées et d’images, il
peut rendre les
choses très raffinées ou très
grossières.
Il y a toute une gamme de possibilités depuis les
états
très raffinés de grande joie et
d’extase jusqu’à
des états pitoyables très primaires et douloureux
: du
paradis jusqu’à l’Enfer, en utilisant
une terminologie
plus imagée. Mais, il n’y a pas d’Enfer
permanent ni de
Paradis permanent ; en fait, on ne peut percevoir ni concevoir
d’état
permanent. Dans notre méditation, une fois que nous
commençons
à nous rendre compte de ces limitations,
l’insatisfaction,
la nature changeante de toute expérience des sens, nous
commençons à nous rendre compte que ce
n’est pas moi
ou à moi, c’est « anattâ
», le non-soi.
Ainsi
en nous rendant compte de cela, nous commençons à
nous
libérer de l’identification avec les conditions
sensorielles. Maintenant, on ne fait pas cela en ayant de
l’aversion
contre ces choses mais en comprenant comment elles sont.
C’est une
vérité qu’il faut
expérimenter, ce n’est pas
une croyance. « anattâ » n’est
pas une croyance
bouddhique mais une réalisation véritable.
Maintenant
si vous ne consacrez jamais aucun moment dans votre vie à
essayer d’explorer et de comprendre cela, vous vivrez
probablement
toute votre vie dans l’hypothèse que vous
êtes votre
propre corps. Même s’il se peut
qu’à un certain
moment vous pensiez « Oh, je ne suis pas mon corps
»,
vous lisez de la poésie inspirée et vous avez un
nouvel
angle philosophique. Il se peut que vous pensiez que c’est
une
bonne idée que l’on ne s’identifie pas
avec son corps mais
vous ne vous êtes pas vraiment « rendu compte
» de
cela. Même si quelques personnes, des intellectuels, disent
«
Nous ne sommes pas le corps, le corps est non-soi »,
c’est
facile à dire mais connaître vraiment cela,
c’est une
autre paire de manches ! À travers la pratique de la
méditation, à travers l’investigation
et la
compréhension des choses telles qu’elles sont ;
nous
commençons à nous libérer de
l’attachement.
Quand nous n’attendons plus rien ou ne demandons plus rien,
alors
naturellement nous ne ressentons pas le désespoir et la
douleur résultant du fait que nous n’obtenons pas
ce que
nous désirons.
Ainsi,
c’est le but, Nibbâna ou la réalisation
de ne
s’attacher à aucun phénomène
qui a un
commencement et une fin. Quand nous lâchons prise de cet
attachement insidieux et habituel à ce qui naît et
meurt, nous commençons à réaliser le
«
non-mort ».
Certaines
personnes vivent leur vie en réagissant contre elle parce
qu’ils ont été conditionnés
à agir
ainsi, comme les chiens de Pavlov. Si vous n’êtes
pas éveillé
aux choses telles qu’elles sont, alors vous
n’êtes vraiment
qu’une créature intelligente
conditionnée au lieu
d’être un chien conditionné stupide.
Nous pouvons
mépriser les chiens de Pavlov qui salivent quand la cloche
sonne mais notez comment nous faisons des choses très
semblables.
La
raison en est qu’avec l’expérience des
sens, tout est
conditionné, ce n’est pas une personne, ce
n’est pas une «
âme » ou une « essence personnelle
». Ces
corps, sensations, souvenirs et pensées sont des perceptions
conditionnées dans le mental à travers la
souffrance, à
travers le fait d’être né dans un corps
humain, d’être
né dans nos familles, d’appartenir à un
certain rang
social, une race, une nationalité ; c’est
dépendant
du fait d’avoir un corps d’homme ou de femme,
attractif ou pas,
etc. Ce ne sont que des conditions qui ne nous appartiennent pas, qui
ne sont pas moi, pas miennes. Ces conditions suivent les lois de la
nature, les lois naturelles. Nous ne pouvons pas dire « Je ne
veux pas que mon corps vieillisse ». Bon, nous pouvons dire
cela pendant un temps, mais peu importe combien fort nous pouvons
tenir à cela, le corps vieillit quand même. Nous
ne
pouvons pas attendre du corps qu’il ne souffre jamais,
qu’il ne
tombe jamais malade ou qu’il ait toujours une vision et une
audition parfaites. Nous l’espérons tous,
n’est-ce pas ? «
J’espère que je serai toujours en bonne
santé, que je
ne deviendrai jamais invalide, que je verrai toujours bien, que je ne
deviendrai jamais aveugle ; que j’aurai de bonnes oreilles
comme
cela je ne ferai jamais partie de ceux à qui l’on
doit crier
les choses pour qu’ils entendent,
j’espère que je ne
deviendrai jamais sénile, que j’aurai toujours le
contrôle
de mes facultés jusqu’à ce que je meure
à
quatre-vingt-quinze ans, alerte, rayonnant, joyeux, dans mon sommeil
et sans aucune douleur. ». C’est ainsi que nous
aimerions que
cela se passe. Certains peuvent tenir pendant longtemps et mourir de
manière idyllique, mais demain il se peut que les globes de
nos yeux tombent. Ce n’est pas souhaitable, mais cela peut
arriver
! Cependant le poids de la vie diminue considérablement
quand
nous réfléchissons sur les limites de notre vie.
Alors
nous savons ce que nous pouvons accomplir, ce que nous pouvons
apprendre de la vie. Donc, une grande partie de la misère
humaine vient du fait que nous attendons beaucoup de la vie et que
jamais nous ne sommes vraiment capables d’obtenir tout de que
nous
avions souhaité.
Ainsi
dans notre méditation et dans notre compréhension
en
profondeur des choses telles qu’elles sont, nous voyons que
la
beauté, le raffinement et le plaisir sont des conditions non
permanentes, tout comme la douleur, la misère et la laideur.
Si vraiment vous comprenez cela, vous pouvez alors apprécier
et supporter les choses telles qu’elles se
présentent.
Actuellement, la plus grande partie de la leçon dans la vie
est de supporter ce que nous n’aimons pas en nous et dans le
monde
qui nous entoure ; être capable d’être
patient de
manière agréable et de ne pas faire toute une
histoire
à propos de des imperfections de
l’expérience des
sens. Nous pouvons nous adapter, supporter et accepter les
caractéristiques du changement de la naissance des sens et
du
cycle de la mort en lâchant prise et en ne nous y attachant
pas. Quand nous nous libérons de l’identification
avec cela,
nous faisons l’expérience de notre vraie nature
qui est une
connaissance lumineuse, claire ; mais qui n’est plus une
chose
personnelle, ce n’est plus « moi » ou
« mien »,
il n’y a pas d’acquisition ou
d’attachement à cette
chose. Nous ne pouvons nous attacher qu’à cela qui
n’est
pas nous même!
Les
enseignements du Bouddha sont simplement des moyens utiles, des
moyens pour voir l’expérience sensorielle, qui
nous aident à
la comprendre. Ce ne sont pas des commandements, ce ne sont pas des
dogmes religieux que nous avons à accepter ou à
croire.
Ce sont simplement des repères pour montrer les choses
telles
qu’elles sont. Ainsi nous n’utilisons pas les
enseignements du
Bouddha pour nous y attacher comme une fin en eux mêmes mais
seulement pour nous rappeler d’être
éveillé,
alerte et conscient du fait que tout ce qui survient cesse.
C’est
une observation et une réflexion continuelles et constantes
sur le monde sensoriel parce ce que le monde des sens a une influence
incroyablement forte sur nous. De posséder ce corps-ci dans
la
société dans laquelle nous vivons fait peser sur
nous
des pressions incroyables. Tout bouge très vite, la
télévision
et la technologie de notre époque, les voitures, tout tend
à
aller très vite. Tout cela est très attractif,
excitant
et intéressant et met tous nos sens en émoi.
Notez
quand vous allez à Londres, combien les
publicités
attirent votre attention sur les bouteilles de whisky et les
cigarettes ! Votre attention est attirée sur toutes les
choses
que vous pouvez acheter, allant toujours dans le sens de la naissance
de l’expérience sensorielle.
La
société matérialiste essaie
d’éveiller
l’avidité pour que vous dépensiez de
l’argent et
pourtant vous n’êtes jamais content de ce que vous
avez. Il y
a toujours quelque chose de mieux, de plus nouveau, de plus
délicieux
que ce qui était pourtant le plus délicieux hier.
Cela
continue ainsi encore et toujours en vous attirant vers les objets
des sens.
Mais
quand nous venons dans la salle de méditation, nous ne
sommes
pas là pour regarder les autres ni pour être
attirés
ou stimulés par les objets qui se trouvent dans la salle
mais
pour les utiliser afin de nous souvenir. Nous sommes invités
soit à concentrer notre mental sur un objet paisible, soit
à
laisser notre mental s’ouvrir, à explorer et
à
réfléchir sur comment les choses sont. Nous avons
à
expérimenter ceci chacun pour nous-même. La
réalisation
de quelqu’un d’autre ne va pas réaliser
le reste d’entre
nous. C’est un mouvement à
l’intérieur de nous. Il
n’y a pas à chercher à
l’extérieur quelqu’un
de réalisé pour vous réaliser. Nous
donnons
cette occasion pour vous encourager et vous guider de telle sorte que
ceux qui sont intéressés à ce chemin
puissent le
faire. Ici vous pouvez à peu près être
certain
que personne ne va vous voler le porte-monnaie ! De nos jours, on ne
peut compter sur rien mais il y a moins de risques ici que si vous
étiez assis en plein Picadilly Circus ; les
monastères
bouddhistes sont des refuges de cette sorte pour que le mental
s’ouvre. C’est notre chance à nous en
tant qu’êtres
humains.
En
tant qu’êtres humains, nous avons un mental qui
peut méditer
et observer. Vous pouvez observer si vous êtes heureux ou
misérable. Vous pouvez observer la colère, la
jalousie
ou la confusion dans votre mental. Quand vous êtes assis et
que
vous vous sentez vraiment confus et bouleversé, il y a cela
en
vous qui le sait. Vous pouvez le détester et juste
réagir
aveuglément, mais si vous êtes plus patient, vous
pouvez
observer que c’est une condition changeante, provisoire, de
confusion, de colère ou d’avidité. Par
contre, un
animal ne peut pas observer cela ; quand il est en colère,
il
est complètement perdu dans cet état.
Dites
à un chat en colère de regarder sa
colère. Je
n’ai jamais rien pu faire avec notre chatte, elle ne peut pas
réfléchir à
l’avidité. Mais moi je le
peux et je suis certain que vous pouvez le faire aussi. Je vois de la
nourriture délicieuse devant moi et le mouvement du mental
est
le même que celui de notre chatte Doris. Nous pouvons
observer
l’attraction de l’animal vers les choses qui
sentent bon et qui
ont l’air bonnes.
Regarder
cette impulsion et la comprendre, c’est utiliser la sagesse.
Cela
qui observe l’avidité n’est pas
l’avidité :
l’avidité ne peut pas s’observer
elle-même, par
contre cela qui n’est pas l’avidité peut
observer
l’avidité. Cette observation est ce que nous
appelons «
Bouddha » ou « sagesse du Bouddha »,
conscience de
comment sont les choses.