
la tradition Pali
tradition p
Ceux
qui ont entre les mains le petit livre "Les entretiens du
Bouddha" connaissent ce texte qui lui sert d’introduction...
Ce
texte est mis en ligne pour ceux qui ne sont pas encore familiers ni
de la lecture du canon pāli, ni de la tradition théravada...
Il
y eut beaucoup de malentendus entre les différents
traditions,
et qu’on le veuille ou non le bouddhisme théravada
est
souvent considéré comme un bouddhisme de seconde
zone....
J’ai
rencontré un artiste qui séjournait souvent en
Thailande, un jour il me dit qu’il était proche du
bouddhisme, il m’a regardée d’un air
piteux en me disant :
“c’est le petit véhicule...”
Il ne savait pas combien ce
véhicule était grand, ni que j’allais
bientôt
le rejoindre.......... Tinh Ý
La
particularité de la tradition pāli
Bien
que les points fondamentaux de la Doctrine soient les mêmes
pour toutes les écoles bouddhiques, il existait et il existe
encore des différences notables entre les
bouddhistes se
référant aux textes palis et les bouddhistes des
autres
traditions .
1-
La priorité au Bouddha historique
La
première est que ceux qui se réclament de la
tradition
pāli donnent toujours la priorité au Bouddha
historique,
et non pas aux multitudes de Bouddhas hypothétiques
vivant dans divers cieux, ou à l’une ou
l’autre
Bodhisatta-divinité.
Dans
leurs “chapelles”, c’est le
Bouddha historique et ses
reliques corporelles qui sont le premier objet de
vénération
. Ils n’ont jamais adhéré à
la thèse
des « trois corps » ni
à un concept
théiste tel qu’un Bouddha primordial (Adi Buddha)
. Chez eux
il n’y a pas non plus un Bouddha éternel tel
qu’Amitabha
qui vit dans une Terre pure dite « Paschima
Sukhavati »
(litt. la demeure de l’extrême bonheur).
Simplement, ils
vénèrent le Bouddha historique qui est venu de
Kapilavatthu, qui a atteint l’Éveil à
Bodh-gaya et
enfin le *parinibbāna (la cessation complète)
à
Kusinara .
Vénérer
le Bouddha et ses reliques est un signe de respect, mais cette
attitude n’a pas donné lieu à un culte
du héros
ni à un quelconque dévotionisme . Tout
en vénérant
le Bouddha, les bouddhistes qui respectent les textes palis sont
conscients du fait que celui-ci n’existe plus,
qu’il a
atteint le parinibbāna (cessation complète), et que personne
ne peut atteindre le nibbāna par la dévotion à
l’égard
du Bouddha ou grâce au culte rendu à ses reliques.
Lorsque les bouddhistes parlent du Bouddha, ils utilisent toujours le
passé : en disant « lorsque le
Bouddha était
vivant » ; « le Bouddha
dit ainsi avant
son parinibbāna », etc.

2-La
priorité donnée aux paroles du Bouddha
La
deuxième particularité chez les bouddhistes
suivant les
textes palis est la priorité donnée aux paroles
du
Bouddha, mais non pas aux analyses ou aux
déclarations de
tel ou tel maître bouddhiste ancien,
médiéval ou
moderne. Dans les Écritures canoniques, il existe de
nombreuses discussions entre les disciples laïcs et
les
bhikkhus, mais dans ces discussions les participants mentionnent
souvent : « Ainsi dit le
Bienheureux »
(vuttā bhagavatā) ou « Ainsi ai-je
entendu »
(evam me sutam). De nos jours encore, les prédicateurs
bouddhistes fidèles aux textes palis ne parlent pas en leur
propre nom, mais ils présentent les choses selon les textes
canoniques en se référant toujours au Corpus
canonique.
C’est pourquoi ces bouddhistes ne parlent pas de
l’enseignement
de tel ou tel bhikkhu ou de tel ou tel maître, mais de
l’Enseignement du Bouddha.

3-
Le Dhamma pour seul maître
La
troisième différence entre ces bouddhistes et
ceux des
autres traditions est que les premiers ont été
invités
dès le commencement à traiter la Doctrine
(dhamma)
comme leur guide. À ce propos, le conseil du Bouddha dans le
Maha parinibbāna-sutta a une valeur significative. Quelques minutes
avant son dernier souffle, le Bouddha dit à l’
Ayasmanta
Ānanda : « [...] Il est possible que cette
idée
vienne en vous : "La parole du maître est une chose
du passé. Nous n’avons plus de maître."
Ô
Ānanda, cela ne doit pas être vu ainsi. Il y a une doctrine
enseignée et une discipline établie.
Après mon
départ, cette Doctrine et cette Discipline deviennent votre
maître » À ce propos, nous
pouvons également
citer le sermon intitulé Maha padesa-sutta dans lequel il
est
déconseillé d’accepter la parole
d’un bhikkhu même
très savant et vertueux sans juxtaposer son
explication
aux sermons et à la Discipline. Nous lisons dans ce
texte :
« Supposons
qu’un bhikkhu déclare : "C’est
en face du
Bienheureux, ô frère, que je l’ai
entendu. C’est en
face de lui que je l’ai appris : c’est
cela la Doctrine,
c’est cela la Discipline, c’est cela
l’enseignement du
maître." Or, les paroles de ce bhikkhu ne doivent
être
ni accueillies ni rejetées. Sans les accueillir, sans les
rejeter, mais en ayant étudié
soigneusement les
syllabes et les mots de ces paroles, il faut les confronter aux
Sermons (sutta), il faut les comparer à la
Discipline.
Ainsi, après les avoir confrontées aux Sermons et
après
les avoir comparées à la Discipline, si elles
s’avèrent
ne pas être en conformité avec les sermons ni en
accord
avec la Discipline, vous devez arriver à cette
conclusion :
"Ce n’est sûrement pas l’enseignement du
Bienheureux
qui est l’Arahant, parfaitement
éveillé. Son
enseignement a été sûrement mal compris
par ce
bhikkhu." [En concluant ainsi] vous devez rejeter les paroles de
ce bhikkhu.
« [...]
Supposons qu’un bhikkhu déclare : "Dans
telle ou
telle résidence monastique se trouve un bhikkhu solitaire
qui
a beaucoup appris, à qui la tradition a
été
transmise, qui est bien versé dans la Doctrine, qui est bien
versé dans la Discipline, qui est bien
versé dans
les Sommaires. C’est en face de lui, ô
frère, que je
l’ai entendu. C’est en face de lui que je
l’ai appris :
c’est cela la Doctrine, c’est cela la Discipline,
c’est cela
l’Enseignement du maître." Or, les paroles de ce
bhikkhu
ne doivent être ni accueillies ni rejetées. Sans
les
accueillir, sans les rejeter, mais en ayant
étudié
soigneusement les syllabes et les mots de ces paroles, il faut
les confronter aux sermons (sutta), il faut les comparer
à
la Discipline. Ainsi, après les avoir confrontées
aux
sermons et après les avoir comparées
à la
Discipline, si elles s’avèrent ne pas
être en
conformité avec les Sermons ni en accord avec la Discipline,
vous devez arriver à cette conclusion : "Ce
n’est
sûrement pas l’Enseignement du Bienheureux
qui est l’
Arahant, parfaitement éveillé. Son Enseignement a
été
sûrement mal compris par ce bhikkhu." [En concluant ainsi]
vous devez rejeter les paroles de ce bhikkhu. [...] »

4-
disciples
du Bouddha
Le
résultat de ce type de conseils est que, dans le
bouddhisme
pāli, n’existe guère de place pour un culte du
gourou
. Il est vrai que dans les pays où le bouddhisme pāli est
toujours vivant, il y a des maîtres qui enseignent la
méditation et ceux qui font des
prédications. Mais
en aucune façon ils ne se présentent comme des
bouddhas
ou les émanations des anciens maîtres.
Ces
prédicateurs ne sont pas placés non plus sur de
hauts
piédestaux mythologiques. Les maîtres sont
respectés
en tant que conseillers spirituels, mais eux et leurs
élèves
ne sont que les disciples du Bouddha. Dans ce
bouddhisme-là,
les fidèles laïcs hommes (upāsaka) et femmes
(upāsikā)
sont également considérés comme
disciples du
Bouddha, mais non pas comme les disciples de tel ou tel
maître
bouddhiste. Les laïcs bouddhistes qui suivent les textes palis
ne sont pas obligés de suivre aveuglément les
conseils
des bhikkhus. Si ceux-ci sont vénérés
par les
laïcs, c’est plutôt pour leur vie
vertueuse . Les
bouddhistes refusent de respecter les bhikkhus non vertueux ou
malhonnêtes. Lorsqu’un bhikkhu ne se
comporte pas bien,
les laïcs bouddhistes sont très critiques
à son
égard. Ainsi, dans les pays où les textes palis
sont
respectés, d’une certaine façon, ce
sont les laïcs
qui contrôlent la conduite des bhikkhus.

5-
Considérer l’ensemble des suttas
[1]
La
cinquième particularité importante est que les
bouddhistes qui suivent les textes palis ont
l’habitude de
rendre compte des données de l’ensemble des
Écritures
canoniques du Sutta-pitaka et non de un ou de deux textes
choisis. Le mot symbolique sutta (litt. fil)
désigne
d’ailleurs l’interrelation entre les divers textes
canoniques.
Autrement dit, chaque texte (sutta) est
complémentaire et
presque tous sont liés l’un à
l’autre. Souvent, un
point doctrinal expliqué en bref dans un sutta est
ensuite expliqué longuement dans un autre. Par
exemple,
le premier sermon dit
« Dhammacakkappavattana-sutta »
mentionne seulement l’expression cinq
agrégats
d’appropriation (pancūpādnakkhandhā), sans les
défmir.
Mais c’est seulement en prenant connaissance du
deuxième sermon dit
"Annatalakkhana-sutta"
que
l’auditeur ou le lecteur peut savoir quels sont ces cinq
agrégats.
Prenons
un autre exemple : une discussion entre le Bouddha et
l’Āyasmanta Ānanda est mentionnée dans le
Samyutta-nikiāya
sous le titre de Nidāna-sutta (S. II, 92-93), mais cette discussion
est rapportée très
brièvement. La même
discussion détaillée se trouve dans le
Dîgha-nikāya
et elle est nommée Mahānidāna-sutta. Il est
évident
que les compilateurs qui ont rédigé le Corpus
canonique
n’ont voulu « laisser
tomber » ni l’un ni
l’autre récit. Le résultat
inévitable de cette
habitude
« conservatrice » fut de
respecter l’ensemble des textes canoniques et de laisser
figurer
des textes plus ou moins semblables à plusieurs endroits des
Écritures canoniques.
Concernant
l’existence de textes différents sur le
même thème,
il y avait une autre raison : la façon dont le
Bouddha
parlait à quelqu’un. En tant que grand
pédagogue, il
ne présentait pas un point doctrinal de la
même
façon toujours et partout. Il parlait selon
l’utilité,
l’opportunité et en tenant compte de
l’aptitude de son
interlocuteur. Ainsi, il adaptait sa présentation
au
caractère des individus et à son
auditoire.
Par
exemple, avec un interlocuteur ordinaire, le Bouddha parlait
normalement de trois caractéristiques
(l’impermanence
[anicccatā], l’état non satisfaisant
[dukkhatā] et
l’absence de Soi [anattatā]), mais lorsqu’un savant
brahmanique
vint parler avec lui, il a abordé plutôt la
dernière
caractéristique : l’absence de Soi
(anattatā). La
raison en est que le Bouddha savait que son interlocuteur
présent
était assez intelligent et pour lui les deux
premières
caractéristiques étaient très
évidentes.
Il était donc inutile de les aborder. Pourtant il
était
nécessaire de parler de la doctrine
d’anatta, car
l’interlocuteur était très perplexe
devant cette
thèse diamétralement opposée
à la
théologie brahmanique. Il est vrai que dans le
Canon
bouddhique, chaque sermon, chaque discussion est
circonstancié.
C’est
à cause de cela qu’au début de chaque
sermon ou
discussion il est mentionné à qui le Bouddha a
parlé
ainsi, quand, pour quelle raison, sur quelle question, à
quel
endroit, en quelle circonstance, etc. Finalement, chaque sutta, petit
ou grand, est un texte important. Les bouddhistes de la tradition
pāli respectant l’ensemble des textes canoniques, il
n’est
jamais apparu chez eux le culte d’un livre particulier. Cette
caractéristique les distingue de certaines
écoles
tardives fondées uniquement sur un ou deux sutras ou bien
sur
le commentaire d’un érudit
célèbre.

6-
Arahant - bouddha par soi - parfait bouddha- bodhissata
La
sixième particularité des bouddhistes suivant les
textes palis est qu’ils ne pensent pas que tout le monde doit
être
un jour Bouddha, mais la plupart d’entre eux se
contentent
d’être disciples (savaka) du Bouddha. Autrement
dit, ils
veulent atteindre l’Éveil (bodhi) en tant que
disciple du
Bouddha. À ce propos, il y a un point important à
préciser : le bouddhisme original ne parle pas des
yana
(véhicules), mais des bodhi (Eveils) qui sont
triples :
savaka bodhi (l’Éveil atteint par le disciple en
arrivant à
l’état d’Arahant), pacceka bodhi
(l’Éveil d’un
*Bouddha solitaire), samma, sambodhi (l’Éveil
d’un Bouddha
parfait). En ce qui concerne la libération (vimutti), la
position du Bouddha, du Bouddha solitaire et de l’ Arahant
est la
même. S’agissant
de la pureté (visuddhi) par rapport aux souillures mentales,
la position de ces trois personnages est la même.
À la
fin de leur vie, ces trois personnages atteignent le parinibbāna.
C’est-à-dire la même cessation
complète.
Mais
en ce qui concerne la compréhension vécue, il
existe
une différence entre un Bouddha et un Arahant. Celui-ci
atteint la libération à .travers une
connaissance
limitée du domaine des phénomènes
connaissables,
tandis que le Bouddha a une connaissance par laquelle il comprend
tout et tous dans leurs diverses modalités et
relations :
ainsi, il n’y a rien qui échappe à sa
compréhension.
C’est pourquoi il est couramment appelé Sammā
sambuddha,
c’est-à-dire
l’Éveillé parfait. En effet, il
a la possibilité et la capacité
d’éveiller les
autres en expliquant les choses selon le caractère
de
telle ou telle personne. Cependant, un Arahant ou un Bouddha
solitaire n’a pas cette capacité.
L’autre
différence entre le Bouddha et l’Arahant
vient de leur
façon d’arriver à la
libération. Le Bouddha
a atteint l’Éveil sans guide, sans
s’appuyer sur
l’enseignement de quiconque, mais en
développant sa
propre compréhension, tandis que l’ Arahant a
atteint la
même libération, mais en étant
un disciple
du Bouddha et en suivant son enseignement. Cette explication montre,
entre autres, Comment le bouddhisme pāli affirme la primauté
de l’Éveil du Bouddha. Ainsi, par là
même, le
bouddhisme pāli accepte la valeur importante de
l’idée de
devenir un bodhisatta (litt. l’être
voué à
l’Éveil ; l’être qui
pratique les
« perfections »
(pāramï, pāramitii)
afin de devenir un jour Bouddha. Le souhait de devenir un jour
Bouddha est une démarche indéniablement
courageuse et
héroïque et de tels personnages sont rarissimes .
En tout
cas, le concept de bodhisatta (skt. bodhisattva) est le plus beau
cadeau donné par le bouddhisme à
l’humanité.
Ainsi,
selon le point de vue des bouddhistes qui suivent les textes palis,
devenir bodhisatta afin de devenir un jour Bouddha est un espoir
noble, beaucoup plus noble que d’atteindre
l’état
d’Arahant. Également, selon le bouddhisme pali,
tout le
monde a la potentialité de devenir un jour Bouddha
à
condition de développer ses perfections (paramita).
Or,
« tout le monde peut
l’atteindre » ne signifie pas
« tout le monde
veut
l’atteindre » ou « tout
le monde doit
l’atteindre ». Nombreux sont ceux qui
veulent profiter
de l’Enseignement du Bouddha dont le but final
vise : la
cessation de dukkha (dukkha nirodha).
C’est
dans ce contexte que le bouddhisme pāli affirme la
valeur du statut de disciple
dont l’idéal est l’état
d’ Arahant. Atteindre cet
état est synonyme d’éliminer
tous les
écoulements mentaux toxiques (asava), de se
libérer des
dix sortes de liens, c’est-à-dire de se
débarrasser
complètement de dukkha. En effet,
l’Enseignement du
Bouddha ne vise qu’à cet objectif.
Alors,
devenir disciple du Bouddha est synonyme de devenir
bouddhiste,
et cela signifie suivre la voie tracée par le Bouddha.
Celle-ci est appelée « la voie conduisant
à
la cessation de dukkha »
(dukkha-nirodha-gāminī-patipadā).
Selon
les bouddhistes qui suivent les textes palis, s’il y a une
raison
d’être d’un Bouddha, c’est
justement en tant que maître
incomparable qui explique au monde la doctrine qu’il a
comprise et
la voie qu’il a lui-même parcourue.
C’est
justement dans cette perspective que se situe la position sans
égale d’un Bouddha. A-t-il
présenté
un« véhicule
inférieur »
(hīnayāna) à ses auditeurs ?
S’est-il
trompé au début au point de présenter
une
doctrine
« égoïste »
encourageant
l’état d’ Arahant ? Or
dès son premier sermon,
le Bouddha a parlé contre
l’égoïsme. Sa doctrine
vise non pas à créer des
égoïstes, mais des
individus qui ont éliminé
l’égoïsme qui
est la source principale de dukkha. Les disciples
(laïcs ou
renonçants) qui ont suivi avec succès cette
doctrine ne
peuvent être qualifiés
d’égoïstes.
En
outre, suivre l’Enseignement du Bouddha en tant que disciple
(laïc
ou renonçant) ne peut pas être qualifié
non plus
comme une démarche inférieure et une telle
qualification est une insulte pour l’Enseigement du
Bouddha
qui a montré la voie vers la cessation de dukkha dans cette
vie même.
Finalement,
pourquoi un Bouddha s’il n’a pas de
disciples ?
Sans
Bouddha, il n’y a pas de disciples. Sans disciples, le
Bouddha
n’est pas un Bouddha parfait (samma sambuddha), mais
simplement un
« Bouddha solitaire » (pacceka
buddha).
Toutes
ces explications montrent que la tradition pali n’insiste pas
sur
une voie unique ou sur un seul objectif. Selon elles, chacun est
libre de choisir le but qui lui convient : atteindre
l’Éveil
en tant que Bouddha, ou en tant que Bouddha solitaire, ou bien en
tant qu’ Arahant. Même atteindre la
première étape
de la libération dite Sotapatti est hautement
loué dans
les Écritures canoniques .
En
outre, le bouddhisme n’ignore pas le fait qu’il y a
des gens qui
ne s’intéressent à aucun de ces
états, mais
veulent rester dans le sansāra (skt. samsara) encore pour
quelque temps, au-delà de la mort, dans l’un ou
l’autre
état céleste. Pour eux aussi, le bouddhisme pali
présente des conseils pour effectuer des actions
méritoires
afin d’ obtenir de meilleures naissances. Toutefois le
bouddhisme
pali insiste sur un projet sage pour atteindre la cessation de dukkha
dans cette vie même. Notamment des renonçants de
la
tradition des Anciens voulaient garder ce but sublime.
Bien
qu’il y ait des différences dans le bouddhisme
d’un pays à
l’autre, bien qu’il y ait des explications
différentes
du bouddhisme de telle ou telle tradition ou de telle ou telle
école,
rappelons-le, la doctrine fondamentale de cette "religion"
est partout la même. Les points fondamentaux de la
doctrine, communs à toutes les écoles
bouddhistes
sont : les Quatre Nobles Vérités, la
*Noble Voie
octuple, la théorie de la *coproduction
conditionnée et
la théorie des *trois caractéristiques, la
primauté
donnée à la bouddhéité et
l’exigence
faite pour éliminer les écoulements
mentaux
toxiques.
Heureusement,
les points doctrinaux de base sont
préservés dans
les textes canoniques palis où de nombreuses discussions
entre
le Bouddha et ses interlocuteurs sont rapportées.
C’est
à travers ces textes que l’on peut voir
clairement
quels étaient les sujets intéressants pour le
bouddhisme à son début.
Ces
textes sont simples, profonds, clairs et directs. Même
vingt-cinq siècles après, ils frappent au
cœur de l
’homme spirituel. Cela veut dire que bien que ces textes
soient
très anciens, ils discutent les problèmes
philosophico-religieux d’aujourd’hui.
Mohan
Wijayaratna
[1]
trop peu de textes, encore, sont traduits en français ...
beaucoup sont accessibles en langue anglaise


