DHAMMA-ANUSSATI
"efforcez-vous avec sincérité"

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Bouddha

LA REMEMORATION DU BOUDDHA


Le yogi qui fait entièrement confiance au Bouddha et qui désire s'exercer à cette remémoration doit trouver un logement favorable dans un lieu solitaire et se remémorer les qualités du seigneur Bouddha comme suit :

«Le Seigneur est Accompli, parfait Bouddha, Doué de science et de bonne conduite, Bien-ailé, Connaisseur du monde, Suprême, Cocher des mâles à dresser, Maître des dieux et des hommes, Bouddha et Seigneur. »

Comment procède-t-il? En se remémorant que le Seigneur est Accompli, qu'il est aussi parfait Bouddha... et Seigneur, et en se remémorant les justifications de ces épithètes.


ACCOMPLI


Il se remémore que le Seigneur est «Accompli» pour les raisons suivantes : « II s'est éloigné, il a détruit les ennemis et les rayons, il mérite les soutiens et le reste, il ne fait aucun mal en secret. »

« II s'est éloigné » : il se tient loin, bien loin, de tout type de souillure, car le chemin en a détruit toute trace.


Le Sauveur est bien éloigné des défauts puisqu'il n'en a pas, on le considère donc comme Accompli.


6 «II a détruit les ennemis» : le chemin détruit les ennemis que représentent les souillures.

Le Sauveur a détruit tous les ennemis,à commencer par l'attachement, avec l'épée de la sagacité.

On le considère donc comme Accompli.


7« II a détruit les rayons. » L'aveuglement et la soif d'existence constituent le moyeu ; les créations méritoires et déméritoires, les rayons ; le vieillissement et la mort, la jante. Cette roue du mouvement continue qui tourne depuis des temps sans commencement est fixée sous le char des trois existences par l'essieu des infections qui se trouvent à l'origine [de l'aveuglement et du reste].

A Bodhimanda, le Seigneur s'enracina avec les jambes de la vigueur dans le terrain de la discipline, brandit avec la main de la conviction la hache de la connaissance qui anéantit le kamma, et brisa tous les rayons, ce qui lui valut d'être qualifié d'« Accompli».


8.La «roue du mouvement continuel» est le tourbillon du mouvement continuel dont le début est inconcevable. L'aveuglement qui en est le fondement en forme le moyeu ; le vieillissement et la mort qui en sont l'achèvement, la jante ; et les dix autres chaînons en représentent les rayons, car ils prennent appui sur l'aveuglement et aboutissent au vieillissement et à la mort.



9.L'aveuglement est la «méconnaissance du désagrément et des autres vérités». L'aveuglement relatif à l'existence sensorielle conditionne les créations de l'existence sensorielle, l'aveuglement relatif à l'existence physique pure conditionne les créations de l'existence physique pure, et l'aveuglement relatif à l'existence non physique conditionne les créations de l'existence non physique.


10.Les créations de l'existence sensorielle conditionnent la conscience de renaissance dans une existence sensorielle, et il en va de même pour les autres types d'existence.


11.La conscience de renaissance dans une existence sensorielle conditionne le psychique-et physique de l'existence sensorielle. De même pour l'existence physique pure, mais elle conditionne seulement le psychique dans l'existence non physique.


12 Le psychique-et-physique de l'existence sensorielle conditionne les six « domaines » de l'existence sensorielle. Le psychique-et-physique de l'existence physique pure conditionne les trois domaines de l'existence physique pure1. Le psychique de l'existence non physique conditionne l'unique domaine de l'existence non physique.


13 Les six domaines de l'existence sensorielle conditionnent les six types de «contact» de l'existence sensorielle. Les trois domaines de l'exis tence physique pure conditionnent les trois types de contact de l'exis tence physique pure. Le domaine mental de l'existence non physique conditionne l'unique type de contact de l'existence non physique.


14 Les six types de contact de l'existence sensorielle conditionnent les six «modalités-du-ressenti» de l'existence sensorielle. Les trois types de contact de l'existence physique pure y conditionnent les trois modalités-du-ressenti. L'unique contact de l'existence non physique y conditionne l'unique modalité-du-ressenti.


15 Les six modalités-du-ressenti dans l'existence sensorielle condi tionnent les six groupes de «soifo de l'existence sensorielle. Les trois modalités de l'existence physique pure conditionnent trois groupes de soif dans l'existence physique pure, et l'unique modalité de l'existence non physique y conditionne un seul groupe.

Telle ou telle soif conditionne tel ou tel «attachement» dans telle ou telle existence. L'attachement conditionne l'« existence », et ainsi de suite.


16 Comment cela se produit-il ?

L'homme qui se conduit mal physiquement; verbalement et mentalement en raison d'un attachement sensoriel qui le pousse à jouir du sensoriel, et qui va jusqu'au bout de sa mauvaise conduite, prend naissance dans un état de perdition. Le kamtna qui cause cette naissance s'appelle «existence-action», et les ensembles produits par ce kamma «existence-événement». La production de ces ensembles constitue la naissance ; leur mûrissement, le vieillissement; et leur rupture, la mort.


17 Un autre homme adopte une bonne conduite pour jouir de l'excel lence du ciel. S'il va jusqu'au bout de sa bonne conduite, il obtient une renaissance au ciel. Le kamma qui cause cette apparition s'appelle « existence-action », et ainsi de suite.


18 Un autre encore cultive la bienveillance, la pitié, la joie et le regard-neutre en raison d'un attachement sensoriel qui l'incite à goûter l'excellence du monde de Brahma. S'il développe ces qualités à la perfection, il renaît dans le monde de Brahma. Le kamma qui cause cette naissance s'appelle «existence-action», et ainsi de suite.


19 Un autre encore cultive l'absorption dans l'espace infini ou dans un autre domaine pour goûter l'excellence d'une existence non physique. S'il cultive cette absorption à la perfection, il obtient une renaissance dans le domaine en question. Le kamma qui cause cette émergence s'appelle «existence-action», et les ensembles produits par ce kamma «existence-événement». La production de ces ensembles constitue la naissance ; leur mûrissement, le vieillissement ; et leur rupture, la mort. Les effets des autres formes d'attachement suivent la même formulation.


20.«La sagacité relative à la compréhension des conditions est une connaissance fondée sur la réalité : "L'aveuglement est la cause, les créations sont coproduites causalement; les uns et les autres sont coproduits causalement". La sagacité relative à la compréhension des conditions est une connaissance fondée sur la réalité :"Dans le passé aussi, dans le futur aussi, l'aveuglement est la cause, les créations sont coproduites causalemenUes uns et les autres sont coproduits causalement".»

On développera de la même façon les autres formules de la coproduction-conditionnelle.

L'aveuglement et les créations forment un groupe. L'état de conscience, le psychique-et-physique, les six domaines, le contact et la modalité-du-ressenti, un deuxième groupe. La soif, la saisie et l'existence, un troisième. La naissance et le vieillissement-mort; un quatrième. Le premier groupe se rapporte au passé, les deux suivants au présent; et le dernier au futur.


21L'aveuglement et les créations s'accompagnent de soif, d'attachement et d'existence : ces cinq agents forment l'«anneau du kamma» dans le passé. Les cinq agents qui commencent par l'état de conscience forment l'«anneau de l'effet» dans le présent. La soif, la saisie et l'existence s'accompagnent d'aveuglement et de créations : ces cinq agents forment l'«anneau du kamma» dans le présent. La naissance, le vieillissement et la mort prouvent la présence des cinq agents qui commencent par l'état de conscience, lesquels forment donc l'« anneau de l'effet» dans le futur. On compte ainsi vingt agents.


Il existe un «lien» entre les créations et l'état de conscience, un autre entre la modalité-du-ressenti et la soif, et un troisième entre l'existence et la naissance.


22;Le Seigneur connaît, voit, comprend et pénètre les quatre groupes, les trois temps, les vingt aspects, les trois liens et la coproduction-conditionnelle de toutes les manières possibles.

« "Connaissance" signifie connaître, et "sagacité" veut dire connaître de façon variée'. Voilà pourquoi l'on dit que "la sagacité qui appréhende les conditions est une connaissance fondée sur la réalité". » Cette connaissance permit au Seigneur de connaître tous les agents dans leur vérité, d'en être désenchanté, de s'en détacher et de s'en libérer. Cette connaissance lui permit de briser, de détruire et de disperser les rayons de cette roue du mouvement continuel que nous avons évoquée. Briser ces rayons fit de lui un Accompli.

Le Sauveur du monde a brisé

les rayons de cette roue du mouvement continuel

avec le glaive de la connaissance.

C'est pourquoi on le dit Accompli.


23.« II mérite les soutiens et le reste » : il est digne des présents les plus raffinés et mérite de recevoir le vêtement, les autres soutiens et des offrandes exceptionnelles. Quand un Tathâgata paraît, les dieux et les hommes les plus puissants lui réservent leurs meilleures offrandes. Brahmâ Sahampati, par exemple, lui offrit une guirlande de joyaux aussi grande que le mont Sineru. D'autres dieux — mais aussi des hommes tels que Bimbisâra et le roi du Kosala - lui firent des offrandes proportionnées à leurs moyens.

Longtemps après la disparition du Seigneur, le grand roi Asoka se défit, en souvenir du Seigneur, de quatre-vingt-seize centaines de milliers de possessions et fit ériger quatre-vingt-quatre mille monastères dans toutes les régions de Jambudipa. A quoi bon parler ensuite des autres offrandes exceptionnelles? Le ait de mériter ainsi les soutiens et le reste ait du Seigneur un Accompli.

Le Sauveur du monde mérite

des offrandes exceptionnelles en plus des soutiens.

Le monde donne au mot «accompli» le sens de «méritant».

le Vainqueur mérite donc ce nom d'Accompli.


24 «II ne fait aucun mal en secret» : on trouve dans le monde des sots qui s'estiment sages alors qu'ils agissent mal — mais ils font le mal en secret par crainte d'une mauvaise réputation. Le Seigneur, lui, ne commet aucun mal en secret.

Le Sage ne commet aucune mauvaise action en secret; il est donc universellement reconnu comme Accompli.


25 Rassemblons toutes les qualités précédentes :

« Le Sage a détruit les souillures ennemies et s'en est éloigné, il a brisé les rayons de la roue du mouvement continuel, il mérite les soutiens et le reste, il ne fait pas de mal en secret. On le qualifie donc d'"Accompli". »


PARFAIT BOUDDHA


26 On qualifie le Seigneur de «parfait Bouddha» parce qu'il a tout découvert de façon exacte et par lui-même, en connaissant directement les choses à connaître directement; en connaissant pleinement les choses à connaître pleinement; en éliminant les agents à éliminer, en voyant directement les choses à voir directement; et en développant les choses à développer.

Voilà pourquoi il a déclaré :

«J'ai connu directement ce qu'il fallait connaître directement; développé ce qu'il fallait développer, éliminé ce qu'il fallait éliminer; je suis donc Bouddha, Ô brahmane. »


27 II a découvert toutes choses exactement et par lui-même en éclaircissant chaque point un par un :

L'œil représente la vérité du désagrément. La soif antérieure qui est la cause fondamentale de l'œil représente la vérité de l'origine. L'inexistence de l'un et de l'autre constitue la vérité de l'Arrêt. La voie qui mène à la reconnaissance de l'Arrêt représente la vérité du chemin. De même pour l'oreille, le nez, la langue, le corps et l'esprit.


28 La même formulation s'applique aux six domaines, à commencer par le domaine visible, aux six groupes d'états de conscience, dont la conscience du visible est la première, aux six contacts qui commencent par celui de l'œil, aux six modalités-du-ressenti nées des six contacts, aux six perceptions, à commencer par celle du visible, aux six intentions qui sont liées aux six sens, aux six groupes de soifs qui commencent par la soif de visible, aux six prises-fermes, à commencer par celle du visible, aux six applications-soutenues dont la première est celle du visible, aux cinq ensembles, à commencer par celui des aspects physique: dix globalités, aux dix remémorations, aux dix perceptions, à commencer par celle du cadavre gonflé, aux trente-deux constituants (à partir des cheveux), aux douze domaines, aux dix-huit éléments, aux neuf existence}» dont la première est l'existence sensorielle, aux quatre jhânas depuis le premier, aux quatre incommensurables -exercices de la bienveillance, de la pitié, de la joie et du regard-neutre —-, aux quatre absorptions non physiques et aux facteurs de la coproduction-conditionnelle en sens inverse depuis le vieillissement et la mort; et en sens direct à partir de l'aveuglement.


29 Voici comment s'énonce le dernier point : le vieillissement et la mort représente vérité du désagrément; et la naissance la vérité de l'origine. Échapper aux deux constitue la vérité de l'Arrêt; et la voie qui mène à la reconnaissance de l'Arrêt représente la vérité du chemin. Le Seigneur a donc découvert toutes ces choses de façon exacte et par lui-même, il les a pénétrées, il les a réalisées. Voilà ce qui nous a permis d'affirmer (§ 26) : « On le dit parfait Bouddha parce qu'il a tout découvert de façon exacte et par lui-même. »



DOUE DE SCIENCE ET DE BONNE CONDUITE


30 Le Seigneur est doué de trois sciences ou de huit : trois selon le Bhayabheravasutta, et huit selon l'Ambatthasutta. Ce dernier arrive à huit en ajoutant la «connaissance supra voyante» et le «prodige mental» aux six connaissances-directes.


31 II est doué de la bonne conduite qui comprend quinze aspects : le contrôle par la discipline, la garde de la porte des facultés, la connaissance de la juste quantité de nourriture, la pratique de l'attention, sept saddhammas et quatre jhânas de la sphère physique pure. Ces quinze points forment la «bonne conduite» parce qu'ils conduisent bien les Disciples immaculés au pays de l'Immortalité. Il faut y ajouter tout ce qu'en dit la cinquantaine médiane du Majjhima Nikâya «Ici, Mahânâma, le Disciple immaculé est discipliné. »

32L'excellence dans les sciences parachève l'omniscience du Seigneur, et l'excellence dans la bonne conduite sa grande pitié. Le Seigneur sait par omniscience ce qui est utile et nuisible aux êtres ; par grande pitié il leur fait rejeter le nuisible et rechercher l'utile. Comme il est doué de science et de bonne conduite, ses disciples sont sur la bonne voie, non sur une mauvaise voie comme les disciples de ceux qui ne sont pas doués de science et de bonne conduite, qui se livrent à des mortifications, etc.


BIEN-ALLÉ


33.Le Seigneur est «Bien-allé» parce que le parcours fut beau, le mena au bon endroit; fut juste, et que l'expression aussi fut juste.

Le parcours du Seigneur fut beau, pur et sans défaut. Quel parcours ? Celui du chemin immaculé. Le Seigneur l'a parcouru, sans s'y attacher, jusqu'au pays de la Sécurité.

De plus, ce parcours a mené le Seigneur au bon endroit; celui qu'on nomme «Immortalité» et «Dénouement».


34. En outre, ce parcours fut juste parce que les souillures éliminées par chacun des quatre chemins ne réapparurent jamais. Il est dit en effet : «II ne va plus, il ne revient plus, il ne retourne plus vers les souillures qu'a éliminées le chemin d'Entrée-dans-le-courant ; il est donc "Bien-ailé"... Il ne va plus, il ne revient plus, il ne retourne plus ver les souillures qu'a éliminées le chemin d'Accomplissement ; il est donc "Bien-allé". »

Ou encore, le parcours fut juste, car depuis le temps [de la résolution qu'il prit] aux pieds de Dîpankara jusqu'au temps de [sa Réalisation] à Bodhimanda, le Seigneur agit pour le bienfait et le bonheur du monde entier en suivant la voie juste qui parachève les trente perfections et qui évite les extrêmes de l'étemalisme et du nihilisme, des plaisirs sensoriels et des mortifications.



35 Enfin, l'expression fut juste parce que le Seigneur s'exprima justement en disant la parole qui convenait au moment qui convenait Le Seigneur expliqua lui-même dans le Sâdhakasutta :


« Si le Tathâgata sait qu'une parole n'est pas vraie, pas véridique, pas profitable, pas plaisante et pas agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, mais qu'elle n'est pas profitable, pas plaisante et pas agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, profitable mais qu'elle n'est pas plaisante ni agréable aux autres, le Tathâgata sait à quel moment la dire.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole n'est pas vraie, pas véridique, pas profitable, mais qu'elle est plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, mais qu'elle n'est pas profitable bien qu'elle soit plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata ne la dit pas.

« Si le Tathâgata sait qu'une parole est vraie, véridique, profitable, qu'elle est plaisante et agréable aux autres, le Tathâgata sait à quel moment la dire. »


Pour toutes ces raisons, le Seigneur mérita le nom de «Bien-allé».


CONNAISSEUR DU MONDE


36 Le Seigneur a connu, compris et pénétré le monde sous tous les aspects : il en a connu la nature, l'origine, l'arrêt et le processus de l'arrêt. Il a déclaré en effet

«Je ne dis pas, mon ami, qu'il faille connaître, voir et atteindre en y allant une extrémité du monde où l'on ne naîtrait pas, où l'on ne vieillirait pas, où l'on ne mourrait pas, d'où l'on ne tomberait pas, où l'on n'apparaîtrait pas. Mais je ne dis pas non plus, mon ami, qu'on puisse mettre fin au désagrément sans avoir atteint l'extrémité du monde.

C'est dans cette carcasse d'une toise, avec ses perceptions et son mental, que je propose de reconnaître le monde, l'origine du monde, l'arrêt du monde et le chemin qui mène à l'arrêt du monde.


« Impossible d'atteindre le bout du monde en marchant !

Impossible de se libérer du désagrément

sans atteindre le bout du monde !

Le Connaisseur du monde est s agace,

il est allé au bout du monde, a parachevé la vie sainte,

connu l'Apaisement du bout du monde|

et n'aspire plus à ce monde-ci ni à l'autre. »


37 De plus, le Seigneur a connu le monde des créations, le monde des êtres et le monde de la spatialité.

«Un monde : tous les êtres subsistent grâce aux aliments.» Cette citation se rapporte au monde des créations. « Ou le monde est étemel, ou le monde n'est pas étemel. » Cette phrase concerne le monde des êtres. « Toutes les contrées qu'éclairent la lune et le soleil composent les mille mondes. Là s'étend ton pouvoir. » Cela désigne le monde de la spatialité.


38 Le Seigneur a connu tous les aspects du monde des créations : «Un monde : tous les êtres subsistent grâce aux aliments. Deux mondes : psychique et physique. Trois mondes : trois modalités-du-ressenti. Quatre mondes : quatre aliments. Cinq mondes : cinq ensembles-saisis. Six mondes : six domaines personnels. Sept mondes : sept conditions de conscience. Huit mondes : huit facteurs mondains. Neuf mondes : neuf demeures des êtres. Dix mondes : dix domaines. Douze mondes : douze domaines. Dix-huit mondes : dix-huit éléments. »


39 II connaît les tendances de tous les êtres, leurs latences, leurs tempe raments et leurs résolutions. Il sait si les yeux des êtres sont couverts de poussière ou non, si leurs facultés sont aiguës ou émoussées, s'ils ont de bonnes ou de mauvaises qualités, s'ils sont bien conscients ou non, s'ils sont capables ou non. Il connaît donc le monde des êtres de toutes les manières possibles.


40 II connaît aussi le monde de la spatialité : il sait qu'un univers mesure douze centaines de milliers et trente-quatre centaines et cinquante yojanas en largeur et en longueur.


En ce qui concerne le pourtour de l'univers :

« Sa circonférence fait trente-six centaines de milliers et dix milliers et trois centaines et demie [de yojanas]. »

41 Et aussi:

« Deux fois cent mille et quatre myriades : c'est l'épaisseur de la Porteuse de richesse. '»

Quant au support de cette dernière :

« Quatre centaines de milliers et huit myriades :

telle est l'épaisseur de l'eau qui repose sur le vent. »

Et pour le support de l'eau :

«L'air vaporeux s'élève sur neuf centaines de milliers et soixante mille. Ainsi est fait le monde. »


42 II faut ajouter à cette description :

« Le Sineru, la plus haute des montagnes,

plonge de quatre-vingt-quatre mille

dans le grand océan et s'élève d'autant.

Elles décroissent de moitié à chaque fois,

en hauteur comme en profondeur,

elles sont divines et constellées de joyaux variés,

ces montagnes nommées Yugandhara, Isadhara, KaraVîka et Sudassana,

Nemindhara,Vinataka et Assakanna, ces sept grandes rocheuses qui entourent le Sineru.

Là résident les grands rois, là vivent les dieux et les esprits.

La hauteur de la montagne neigeuse est de cinq cents yojanas,

sa longueur et sa largeur de trois mille,

et quatre-vingt-quatre mille pics la décorent.


L'arbre appelé Naga fait trois fois cinq yojanas de circonférence, les branches qui partent de son tronc en mesurent cinquante, il s'étend sur cent yojanas et s'élève d'autant;

il s'agit du jambu, et Jambudîpa tient son nom de sa splendeur. »


43 Le jambu a les mêmes dimensions que le bignonia bariolé des Asuras, l'arbre simbali des Garulas.le kadamba d'Aparagoyàna, l'arbre kappa des Uttarakurus, l'acacia sirisa de Pubbavideha et le pâricchattaka du paradis des Trente-Trois. Les anciens disaient :

« Pâtali, simbalijambu, pâricchattaka des dieux, kadamba, arbre kappa : cela fait sept avec le sirisa. Elle plonge de quatre-vingt-deux mille dans le grand océan et s'élève d'autant; la montagne du pourtour de l'univers, elle qui entoure un élément de monde. »


44.Le disque de la lune mesure cinquante yojanas moins un, et le disque du soleil cinquante. Le lieu de vie des Trente-Trois mesure dix mille yojanas, de même que le lieu de vie des Asuras, le grand enfer Avîci et Jambudîpa. Aparagoyâna mesure sept mille yojanas, de même que Pubbavideha. Mais Uttarakuru huit mille. Chaque grande île est entourée de cinq cents plus petites, l'ensemble constituant un univers, un élément de monde. Entre les mondes se trouvent les enfers intermédiaires.

45. Le Seigneur a connu, compris et pénétré avec la connaissance illimitée d'un Bouddha les univers en nombre illimité, les éléments de monde en nombre illimité. Le Seigneur a donc connu tous les aspects du monde de la spatialité. Cette connaissance multiforme du monde en fît le «Connaisseur du monde».


SUPRÊME



46.Le Seigneur est « Suprême » car personne ne possède de plus grandes qualités que lui, personne ne lui est supérieur. Il l'emporte en effet sur le monde entier par ses qualités de discipline, de concentration, de sagacité, de Délivrance et de connaissance-vision de la Délivrance. Il n'a pas d'égal dans ces domaines, il est égal à ce qui n'a pas d'égal, et personne ne lui est comparable, pareil ou équivalent. Il l'a dit lui-même : «Je ne vois personne dans le monde avec ses dieux et ses M ara... avec ses princes divins et ses hommes, qui ait une discipline plus achevée que la mienne1.» Il faut détailler l'ensemble de l'Aggappasâdasutta et les quatrains qui commencent par : «Je n'ai pas d'instructeur. »


COCHER DES MÂLES À DRESSER


47 II guide les mâles à dresser. Autrement dit; il les éduque. Par «mâles à dresser», on entend les animaux mâles, les humains mâles et les non-humains mâles qui ne sont pas domptés et qu'il doit dresser.

Le Seigneur a dressé des animaux mâles comme le nâga royal Apalâla, comme Cûlodara, Mahodara, Aggisikha et Dhûmasikha, comme le nâga royal Aravala et l'éléphant Dhanapâlaka. Il les a libérés des poisons de l'esprit, établis dans les refuges et les disciplines.

Il a dressé et éduque par des moyens variés des hommes tels que Saccaka le fils des Niganthas, le jeune Ambattha, Pokkharasâti, Sonadanda et Kûtadanta. Et des non-humains mâles comme les esprits Alavaka, Sûciloma, Kharaloma et Sakka, le roi des dieux. Il conviendra de détailler ici le récit où le Seigneur a dit : «J'éduque certains mâles à dresser avec douceur, Kesi, j'en éduque d'autres avec dureté, j'en éduque d'autres encore avec douceur et dureté.»


48 Le Seigneur affine le dressage des élèves qu'il a partiellement éduqués, en indiquant par exemple le premier jhâna à ceux qui ont une discipline pure, ou les chemins successifs aux Entrés-dans-le -courant; etc.

On peut regrouper «Suprême» et «Cocher des mâles à dresser» en une seule expression, car le Seigneur sait guider les mâles à dresser de telle façon qu'ils parcourent promptement les huit directions, sans s'y attacher, en une seule session assise. On l'appelle alors «Suprême cocher des mâles à dresser». Et il convient de détailler le récit où il a dit : «Quand le dresseur d'éléphants le conduit; moines, l'éléphant à dresser galope dans une seule direction.»


MAITRE DES DIEUX ET DES HOMMES


49 «Maître» parce qu'il enseigne, en fonction des capacités de l'auditoire, tantôt la réalité présente, tantôt l'autre monde, tantôt la réalité ultime.

On lit dans le Niddesa : «Le mot "Maître" évoque une caravane. Le chef de la caravane lui fait traverser les obstacles créés par les brigands, les bêtes sauvages, la pénurie de nourriture et le manque d'eau. Sous sa conduite, la caravane surmonte ces obstacles et les évite, poursuit son chemin et gagne un havre de sécurité. De même, le Seigneur est le maître et le chef de la caravane des êtres : il les fait passer au-delà des difficultés qui commencent avec la naissance. »


50.«Des dieux et des hommes» : cette expression désigne des êtres supérieurs et puissants. Mais le Seigneur fut aussi le maître de certains animaux qui bénéficièrent de son enseignement; écoutèrent le dhamma et obtinrent l'excellente destinée qui leur servit de support pour atteindre le chemin et le Fruit en deux ou trois existences.


51.On en connaît plusieurs exemples, dont celui du crapaud. Alors que le Seigneur enseignait le dhamma aux villageois de Campa, sur les bords du lac Gaggarâ, un crapaud saisit un signe dans la voix du Seigneur. Or un vacher lui écrasa [involontairement] la tête en s'appuyant sur son bâton. Le crapaud mourut sur le champ et apparut aussitôt; comme s'il s'éveillait; dans un palais d'or du monde des Trente-Trois, long de douze yojanas. A la vue de la troupe de nymphes célestes qui l'entourait; il s'interrogea : «Voyons, est-ce bien moi qui me trouve ici? Quelle bonne action ai-je donc faite?», et ne trouva que la saisie du signe dans la voix du Seigneur. Il se rendit aussitôt avec tout le palais aux pieds du Seigneur qu'il salua. Le Seigneur demanda, bien qu'il le sût déjà :


« Qui brille d'une gloire si splendide en saluant mes pieds ?

Qui éclaire toutes les directions d'un rayonnement si merveilleux?

-J'étais crapaud auparavant et me nourrissais dans l'eau

jusqu'à ce qu'un vacher m'écrasât pendant que j'écoutais le dhamma. »


Le Seigneur lui enseigna le Dhamma et quatre-vingt-quatre mille êtres vivants réalisèrent le Dhamma. Le fils de dieu se trouva lui aussi établi dans le Fruit de l'Entrée-dans-le-courant. Alors, il sourit et prit congé.


BOUDDHA


52 La connaissance qui constitue l'achèvement de la Délivrance a fait du Seigneur un Bouddha : elle lui a permis de réaliser1 tout ce qu'il faut connaître. Il a découvert par lui-même les quatre vérités et les a fait réaliser à d'autres. Ces raisons, et d'autres encore, font de lui un «Bouddha». Pour comprendre le sens exact de ce mot; on se référera au Niddesat et à la Patisambhidâ : «La découverte des vérités fait le Bouddha. Amener les autres à les réaliser fait le Bouddha. »


SEIGNEUR


53 Le mot «Seigneur» contient l'idée que les qualités exceptionnelles

de cet être le rendent supérieur à tous les autres. Les anciens disaient :

« "Seigneur" : voilà le meilleur des mots. "Seigneur" :

voilà le mot suprême.

On appelle Seigneur celui qui, ultimement, mérite le respect. »


54 On connaît quatre types de noms propres : passagers, attributifs, qualitatifs et fortuits. Ce dernier s'appelle aussi fantaisiste dans le langage courant.

Veau, [Bouvillon]-à-dresser et Bœuf-de-trait sont du type passager. Muni-de-bâton. Muni-d'ombrelle. Muni-de-chignon et Muni-de-trompe désignent un attribut. Muni-de s-trois-science s et Muni-de s-six-connaissance s soulignent des qualités. Splendeur-crois santé et Fortune-crois santé sont des noms fortuits dont nul ne connaît la raison.


55 Le nom «Seigneur» est du type qualitatif. Il n'a pas été choisi par Maya la grande ni par le roi Suddhodana ni par leurs quatre-vingt mille parents ni par les grandes divinités telles que Sakka et Santusita. Le Général du Dhamma a dit : «Le nom "Seigneur" ne fut pas choisi par sa mère... mais se réfère à la Délivrance ultime. Le nom "Seigneur" souligne l'authenticité des seigneurs Bouddhas qui acquièrent la connaissance omnisciente au pied de l'arbre bodhi. »


56 Le mot «Seigneur» évoque les qualités énumérées dans le quatrain suivant :

« Doué, associé, participant et analyste,

il a brisé, est respectable et fortuné,

il s'est épanoui de multiples façons,

il est allé au bout de l'existence. On l'appelle donc "Seigneur". »

Le Niddesa explique le sens de ces expressions.


57 Mais nous suivrons cette autre énumération :

« Fortuné, Destructeur,Voué aux bonheurs. Analyste,

Habitué, il a rejeté l'errance parmi les existences.

Il est donc "Seigneur". »


58 «Fortuné» : le Seigneur possède la bonne fortune d'avoir transcendé le don, la discipline et les autres qualités qui mènent aux bonheurs mondains et supramondains. On dit «Seigneur» au lieu de «Fortuné» en tenant compte des règles d'allongement et de permutation des voyelles, ainsi que des règles d'euphonie, selonl'exemple pisodara.


59 «Destructeur». Le Seigneur a détruit de nombreux défauts : l'attachement, l'aversion, la confusion, la considération erronée, le manque de retenue, l'impudence, la colère, l'agressivité, le mépris, l'autoritarisme, la jalousie, le refus de partager, la dissimulation, l'hypocrisie, l'entêtement; l'emportement; l'estime de soi, la présomption, l'orgueil, l'insouciance, la soif et l'aveuglement. Il a détruit les trois fondements pernicieux, mauvaises conduites, souillures, taches, perceptions erronées, prises-fermes et différenciations ; les quatre perversions, infections, attaches, débordements, liens, mauvaises voies, soifs et saisies ; les cinq stérilités de l'esprit; esclavages, obstacles et jouissances ; les six sources de discorde et groupes de soifs;les sept mauvaises latences ;les huit faussetés ; les neuf défauts que cause la soif; les dix modes d'action pernicieux; les soixante-deux croyances; les cent huit sortes de conduites assoiffées ; les centaines de milliers de remous, enfièvrements et souillures. Il a, en résumé, détruit les cinq Mâra : le Mâra des souillures, le Mâra des ensembles, le Mâra des créations, le Mâra fils de dieu et le Mara de la mort. On l'appelle «Destructeur» parce qu'il a détruit tous ces déferlements, et cela revient à dire «Seigneur».

« II a détruit l'attachement; l'aversion et la confusion ;

il n'a plus d'infections.

Parce qu'il a détruit tous ces défauts, on l'appelle "Seigneur". »


60 La bonne fortune se rapporte à l'excellence de la collection physique qui porte les cent marques méritoires, et la destruction des défauts à l'excellence de la collection connaissable.

La bonne fortune montre pourquoi le monde profane estime beaucoup le Seigneur, et la destruction des défauts pourquoi ceux qui s'intéressent à l'essentiel l'estiment beaucoup. L'une montre pourquoi les laïcs approchent le Seigneur, et l'autre pourquoi les renonçants l'approchent. L'une montre les désagréments physiques - et l'autre les désagréments spirituels — que peuvent chasser ceux qui l'ont approché. L'une concerne les dons matériels dont bénéficient les uns, et l'autre le don du àhamma dont bénéficient les autres, ainsi que les félicités mondaines que peuvent atteindre les uns, et les félicités supramon-daines que peuvent atteindre les autres.


61 «Voué aux bonheurs». Le monde range la maîtrise, le Dhamma, la réputation, la splendeur, les vceux et les efforts parmi les bonheurs.

Or le Seigneur maîtrise complètement, et de toutes les façons possibles, les facteurs mondains : il maîtrise en effet aussi bien son état d'être que les miracles, dont les premiers sont de se rendre minuscule et de léviter.

Il maîtrise aussi le Dhamma supramondain.

Sa réputation sans tache résulte de ses qualités, à commencer par la véracité, et emplit les trois mondes. L'harmonie de ses membres est parfaite sous tous les aspects et suscite la confiance de ceux qui le regardent. Ses vceux se réalisent à volonté : ils produisent instantanément ce qu'il désire dans son intérêt et dans celui des autres. Le monde entier respecte ses efforts, qui sont appelés «efforts justes». Tous ces bonheurs lui valent le nom de «Seigneur».


62 «Analyste». Il divise toutes choses en bénéfiques, pernicieuses et indéterminées ; en ensembles, en domaines, en éléments, en vérités, en facultés, en facteurs delà coproduction-conditionnelle, et ainsi de suite. Il analyse le désagrément dans sa pure vérité comme tourment, création, torture et altération, l'origine comme accumulation, source, chaîne et empêchement, l'Arrêt comme Issue, Isolement, Incréé et Immortalité, et le chemin comme porte de sortie, cause, vision et supériorité1. On l'appelle «Analyste» parce qu'il a analysé, réparti, révélé et enseigné toutes ces choses, et cela revient à dire «Seigneur».


63 «Habitué parce qu'il a beaucoup pratiqué les attitudes divines, brahmiques et immaculées, l'isolement du corps, de l'esprit et du substrat, les trois Délivrances —Vacuité, Sans-envie et Sans-signe —, et les autres réalités plus qu'humaines, mondaines et supramondaines. On le dit donc «Habitué», ce qui revient à dire «Seigneur».


64 « II a rejeté l'errance parmi les existences », errance causée par la soif des trois existences. En prenant la syllabe BHA du mot bhava (existence), la syllabe G A du motgamana (errance) et en allongeant la syllabe VA du mot vanta (rejeté), on obtient BHAGAVÂ (Seigneur). Le monde dit de même MEKHALA (pagne) qui se compose de MEhanassa (du pénis) KHAssa (de l'orifice) et mâLA (guirlande).


65 Le Seigneur est donc «Accompli»... et «Seigneur» pour toutes les raisons que nous avons développées. Pendant que le yogi se remémore ces qualités, « son esprit n'est pas envahi par l'attachement, il n'est pas envahi par l'aversion, il n'est pas envahi par la confusion. A ce moment, il porte une attention sans défaut sur le Tathâgata. »


66 L'esprit du yogi n'est donc plus envahi par ces défauts, les obstacles sont écartés, et l'attention se porte sans défaut sur l'objet de la pratique. La prise-ferme et l'application-soutenue convergent alors vers les qualités du Bouddha. La saisie-continue des qualités du Bouddha et l'application-continue suscitent le ravissement. Le ravissement apporte une tranquillité qui apaise les remous du corps et de l'esprit. L'apaisement permet à la félicité physique et psychique de se manifester. La félicité amène l'esprit à se concentrer sur les qualités du Bouddha, et les facteurs du jhâna finissent par être présents ensemble dans le même instant.

Mais l'insertion reste hors d'accès parce que les qualités du Bouddha sont trop profondes [pour que le yogi les saisisse finement], ou parce que ce dernier est déterminé à se remémorer ces qualités de plusieurs façons. Le jhâna se limite donc à la proximité, et s'appelle «remémoration du Bouddha» parce qu'il survient lors de la remémoration des qualités du Bouddha.


67 Le moine qui se consacre à la remémoration du Bouddha est de plus en plus respectueux et déférent envers le Maître. Il acquiert une grande conviction, une vigilance intense, une sagacité aiguë et beaucoup de mérites. Il connaît un sublime ravissement et une joie profonde, il surmonte ses peurs, réussit à supporter tous les désagréments et a l'impression de vivre en présence du Maître. Son corps, qui est habité par la remémoration des qualités du Bouddha, mérite d'être honoré comme un monument. Ce moine aspire à l'état de Bouddha. Chaque fois qu'il rencontre un domaine de transgression, il fait preuve de retenue et de respect humain comme s'il voyait le Maître face-à-face. S'il ne s'élève pas plus haut; du moins obtient-il une bonne destinée. Que l'homme intelligent prête toujours attention à la remémoration si puissante du Bouddha !


Ainsi finit l'explication détaillée de la remémoration du Bouddha.









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