DHAMMA-ANUSSATI
"efforcez-vous avec sincérité"

tradition Théravada
01

4 Nobles Vérités
02

enseignants
03

Visuddhimagga
04

Plan du site /liens
05
Méditer



SE REMÉMORER LA GRANDEUR DU BOUDDHA

par Vénérable U Pandita (en cette vie même : les facteurs d'éveil)

Une sixième façon de développer l’énergie consiste à méditer sur la grandeur et les capacités de celui qui a découvert et enseigné le chemin de la libération. La grandeur du Bouddha a souvent été attestée par la Terre-Mère qui trembla à sept reprises au cours de sa vie : une première fois, au moment où le Bodhisatta (en sanskrit bodhisattva), le futur Bouddha fut conçu pour la dernière fois dans une matrice maternelle ; la terre bougea également lorsque le prince Siddhârta quitta son palais pour embrasser la vie de reclus ; lorsqu’il atteignit l’illumination suprême ; une quatrième fois au moment où le Bouddha fit son premier sermon ; une cinquième fois lorsqu’il réussit à vaincre ses opposants ; une sixième fois lorsqu’il revint du plan céleste de Tāvatimsa, où il s’était rendu pour donner à sa mère un enseignement sur l’abhidhamma - sa mère avait repris naissance dans ce plan. Lorsque le Bouddha atteignit le parinibbāna au moment de sa mort physique et qu’il quitta définitivement l’existence conditionnée, la terre trembla pour la septième fois

Pensez à l’immense compassion du Bouddha, à la profondeur de sa sagesse ! Il y a d’ innombrables histoires qui racontent la patience et la ferveur du bodhisattva tout au long de son effort, la perfection de ses réalisations et l’amour avec lequel il servit l’humanité par la suite. Souvenez-vous que si vous persévérez dans la pratique, ces magnifiques qualités du Bouddha seront les vôtres.

Avant l’illumination parfaite du Bouddha, les êtres se débattaient dans un brouillard d’illusion et d’ignorance. Le chemin de la libération n’avait pas encore été découvert. Les gens marchaient à tâtons dans l’obscurité. S’ils voulaient se libérer, il fallait qu’ils s’inventent une méthode ou qu’ils adhérent aux enseignements ceux qui prétendaient avoir trouvé la vérité, ce qui n’était jamais fondé. Le monde offre un vaste assortiment de méthodes pour atteindre le bonheur. Elles vont de la pénible mortification à la complaisance illimitée dans les plaisirs sensoriels.

Le Vœu de Libérer Tous les Êtres

Lors d’une de ses existences précédentes, le Bouddha était un ermite du nom de Sumedha. C’était l’époque de Dipankara, le bouddha qui a précédé celui-ci et qui vivait au cycle cosmique précédent. L’ermite Sumedha vit l’immensité de la souffrance des êtres qui se débattent dans les ténèbres en l’absence d’un samma sambuddha, un bouddha pleinement illuminé. Pour atteindre l’autre rive, ils devaient être guidés; ils ne pouvaient pas y arriver tout seuls. Cette vision amena l’ermite à renoncer à sa propre illumination alors qu’il avait toutes les chances de l’atteindre dans cette existence. Il fit le vœu de passer le temps qu’il faudrait, d’incalculables éons si nécessaire, pour élever ses propres qualités au niveau d’un samma sambuddha et pouvoir ainsi mener beaucoup d’êtres à l’émancipation, tout en se libérant lui-même.

Lorsque cette longue préparation fut achevée, apparut un être exceptionnel, extraordinaire ; c’était le Bouddha actuel. Au moment de la grande illumination, il possédait ce que l’on appelle « les trois accomplissements » : l’accomplissement de la cause, l’accomplissement du résultat et l’accomplissement du service.

Le Bouddha était accompli en vertu de la cause qui provoqua son illumination : l’effort qu’il fournit tout au long de ses nombreuses existences pour mener à maturité ses pāramis, les forces vives de son esprit. Il y a beaucoup d’histoires qui racontent la fabuleuse capacité du bodhisatta à la générosité, à la compassion et à la vertu. Vies après vies, il se sacrifia pour les autres. La pureté d’esprit qu’il développa allait devenir le fondement pour l’illumination et l’omniscience qu’il réalisa sous l’Arbre Bo. L’accomplissement du résultat, c’est précisément cette réalisation puisqu’elle était le résultat naturel de l’accomplissement de la cause ; autrement dit, elle était le résultat du développement en lui de forces très puissantes et très pures. Le Bouddha détenait également l’accomplissement du service, étant donné qu’il avait passé de nombreuses années à aider les autres par son enseignement. Après son illumination, il ne s’est pas reposé ; par compassion et amour pour les êtres qu’il sentait prêts, il se mit en route et inlassablement partagea le Dhamma avec ceux qui étaient en état de le recevoir jusqu’au jour de son parinibbāna.

A réfléchir ainsi aux implications de ces trois grands accomplissements du Bouddha, vous serez peut-être stimulé à faire plus d’effort dans votre pratique.

La Compassion Mène à l’Action

C’est par compassion que le bodhisatta Sumedha renonça à sa propre illumination pour faire l’incroyable effort de devenir un bouddha. C’était sa seule motivation. Lorsqu’il dirigea son regard extrêmement compatissant vers l’humanité et qu’ il vit l’immensité de la souffrance des êtres lorsqu’ils sont mal guidés, il fut ému et fit le vœu d’accumuler suffisamment de sagesse pour les guider aussi parfaitement que possible.

La compassion doit mener à l’action. Et pour que cette action porte des fruits, il faudra la sagesse. La sagesse permet de faire la différence entre le bon et le mauvais chemin. Si vous avez de la compassion mais que vous manquez de sagesse, vous pourriez faire plus de tort que de bien. D’autre part, si vous êtes très sage, voire illuminé, mais que vous manquez de compassion, vous ne lèverez même pas le petit doigt pour aider les autres.

Le Bouddha était parfaitement accompli sur ces deux plans : sagesse et compassion. C’est sa grande commisération pour la souffrance des êtres qui permit au bodhisatta d’endurer patiemment son errance dans le samsāra. Aux injures et insultes, il répondait avec calme et constance. Il est dit que l’ immense compassion du Bouddha dépasse de loin tout l’amour que les mères de cette planète éprouvent pour leurs enfants. Les mères ont un grand pouvoir de pardon. Ce n’est pas facile d’élever des enfants ; ils peuvent parfois se montrer très cruels et infliger des souffrances émotionnelles et physiques à leur mère. Mais celles-ci sont en général toujours prêtes à leur pardonner même si la blessure est profonde. Chez le Bouddha, la capacité au pardon était illimité. C’était une des manifestations de sa grande compassion.

Le bodhisatta reprit un jour naissance sous forme de singe. Il se balançait d’arbre en arbre dans la forêt, quand subitement il remarqua un Brahman au fond d’une crevasse. Voyant ce pauvre homme sans défense, le singe fut rempli de compassion. Ce sentiment était très puissant puisque le bodhisatta avait déjà passé plusieurs existences à cultiver ce pārami (ou vertu).

Le bodhisatta qui s’apprêtait à descendre dans la crevasse pour sauver le Brahman, se demanda s’il aurait la force de l’en extraire. La sagesse se manifesta en lui. Il décida de tester ses capacités sur un tronc qui se trouvait à proximité. L’ayant soupesé, il constata qu’il était parfaitement capable de sauver l’homme.

Il descendit donc dans la crevasse et réussit à en extraire le prisonnier. Il tomba au sol épuisé, ayant dû faire un double effort, celui de tester ses capacités avec la poutre et celui de porter le Brahman. Loin d’être reconnaissant, celui-ci ramassa une pierre qu’il lança à la tête du singe, espérant faire de lui son souper. Revenu de son évanouissement, le singe réalisa qu’il était proche de la mort, mais il ne se mit pas en colère. Sa capacité au pardon était en effet arrivée à maturité. Il se contenta de dire au Brahman « Est-ce juste de me tuer alors que je t’ai sauvé la vie ? ».

Le bodhisatta réalisa alors que le Brahman s’était perdu et qu’il ne serait pas capable de retrouver son chemin tout seul. La compassion du singe était sans limite. Serrant les dents, il refusa de mourir tant qu’il n’aurait pas guidé le Brahman à travers la forêt. Ses blessures saignaient abondamment et laissaient une traînée sur le sol ; il guida le Brahman et lorsque ce dernier fut hors de danger, expira.

Si le futur Bouddha fit preuve de tant de compassion et de sagesse alors qu’il n’était qu’un singe, vous pouvez imaginer l’ampleur de ses paramis lorsqu’il réalisa l’illumination.



La Pleine Illumination

Après d’innombrables existences en tant que bodhisatta, c’est dans le plan humain que le futur bouddha reprit naissance pour la dernière fois. Ses pāramis étaient parfaitement développées et il se mit en quête du chemin de la libération. Il dut faire plusieurs tentatives avant de découvrir le noble chemin qui allait lui permettre de réaliser en profondeur l’impermanence, l’insatisfaction et l’insubstantialité de tous les phénomènes conditionnés. Approfondissant sa pratique, il passa successivement par tous les stades d’illumination pour finalement devenir un arahant complètement purifié de toute trace d’avidité, de haine et d’ignorance. En même que d’autres connaissances propres aux bouddhas, l’omniscience qu’il s’était efforcé de cultiver, s’éleva en lui. Elle permet à un bouddha de voir apparaître spontanément dans son esprit la réponse à ses questions par le simple fait de se la poser.

Ayant réalisé l’illumination, le Bouddha détenait dorénavant  « l’Accomplissement en Vertu du Fruit du Résultat », pour reprendre l’expression complète. C’est parce que certaines causes et pré requis avaient été cultivés et menés à maturité au cours d’existences précédentes, que cet accomplissement a pu se produire.

Il était devenu un Bouddha parfaitement illuminé mais n’en oublia par pour autant le vœu qu’il avait fait des éons  auparavant lorsqu’il était l’ermite Sumedha. S’il avait travaillé si dur et si longtemps, c’était uniquement dans le but d’aider les êtres à traverser l’océan de souffrances. Maintenant qu’il était devenu un Bouddha parfaitement illuminé, vous pouvez imaginer à quel point la puissance et l’efficacité de sa compassion et de sa sagesse s’étaient amplifiées. Prenant appui sur ces deux qualités, il commença à enseigner le Dhamma et le fit pendant quarante-cinq ans, jusqu’à sa mort. Il ne dormait que deux heures par nuit, consacrant le reste de son temps à servir le Dhamma, à aider les autres d’une façon ou d’une autre pour qu’ils puissent, eux aussi, être heureux et en paix. Arrivé au terme de sa vie, sur son lit de mort, il donnait encore des instructions à Subhadda, un reclus d’une autre secte qui fut le dernier de ses nombreux disciples à réaliser l’illumination.

Ce dernier accomplissement découle naturellement des deux précédents ; son appellation complète est « Accomplissement de Prise en Charge du Bonheur des Autres ». Le Bouddha était devenu parfaitement illuminé et donc entièrement libre des kilesas. Pourquoi alors resta-t-il dans le monde ? Qu’est-ce qui le poussait à se mêler aux gens? Il faut comprendre que son but était de soulager les êtres de leurs souffrances en leur indiquant le juste chemin. Il témoignait par là de la plus pure compassion et de la sagesse la plus profonde.

L’extrême sagesse du Bouddha lui permettait de faire la différence entre ce qui est bénéfique et ce qui est nuisible. Comment pourrait-on aider si on n’est pas capable de faire cette distinction cruciale ? Mais sans compassion, on sera indifférent au sort des autres même si on a de la sagesse et qu’on sait ce qui mène au bonheur et ce qui mène à la misère. C’est ce sentiment très concret de compassion qui amena le Bouddha à s’occuper des autres en les encourageant à éviter les actions nuisibles, génératrices de malheur et de souffrance ; et c’est la sagesse qui lui donna le discernement, la précision et l’efficacité dans ses recommandations. La combinaison de ces deux vertus, compassion et sagesse, en fit un professeur inégalé.

Le Bouddha n’était pas animé par des motivations égoïstes, comme les honneurs, la réputation ou le succès de foule. Il ne fréquentait pas la société en homme du monde, mais dans le seul but d’indiquer la voie juste pour que chacun puisse atteindre l’illumination en fonction de ses capacités. Il était animé d’une grande compassion. Lorsqu’il avait terminé ses enseignements, le Bouddha se retirait dans une partie isolée de la forêt. Il ne se mélangeait pas à la foule, il ne restait pas là à badiner librement, comme une personne ordinaire. Il n’exhibait pas ses élèves en disant par exemple « Voici mon disciple, le riche marchand un tel, et ici, le grand professeur un tel. ». Ce n’est pas facile de vivre en solitaire, de mener une vie de reclus. Les êtres ordinaires n’apprécient pas l’isolement total. Mais le Bouddha n’était pas un être ordinaire.

GÉNÉROSITÉ par NONNE ARIYA NANI

Lors de mon second voyage en Australie, en 1991. je suis allée à Canberra avec mon ami David. En nous promenant dans la zone piétonnière du sud de Canberra, nous tombâmes sur une vieille femme qui distribuait des bols de soupe brûlante à tous les gens qui passaient. Elle nous proposa de la soupe. Nous nous arrêtâmes et elle remplit deux bols de cette soupe fumante en la versant d'un grand pot. C'était un délicieux potage aux légumes, visiblement préparé avec soin et amour. En mangeant la soupe, je regardais à droite et à gauche, en cherchant le nom de l'organisation ou du groupe qui distribuait cette soupe : mais je ne pus trouver aucune indication. Alors, je demandais à la femme au visage si aimable pour quel groupe elle travaillait.


Elle me répondit qu'il n'y avait aucune organisation ni aucun groupe, mais que c'était son offrande personnelle aux gens dans le besoin ou à tous les gens qui passaient. Elle poursuivit en disant que chaque mois, après la réception de son chèque du gouvernement, elle mettait de côté ce qui lui restait après avoir dépensé ce qu'il fallait pour sa propre nourriture, son loyer et ses assurances. "Vous savez" ajouta t-elle. "les autres femmes dépen-sent l'argent en surplus pour acheter de jolis vêtements et des maquillages coûteux, mais je n'ai pas besoin de tout cela. Mon coeur est plein de joie et je suis très heureuse quand je peux offrir cette soupe chaque vendredi après-midi". Puis elle se retourna et emplit un autre bol pour un businessman d'âge moyen.



Le mérite obtenu par cette action merveilleuse ne peut pas être détruit- il ne peut pas être volé ou dérobé. Ni le feu. ni les torrents de boue, ne peuvent détruire le mérite acquis. Ce mérite ne peut non plus être confisqué par les autorités et le gouvernement. Les voleurs peuvent fouiller toute la maison, même emporter le coffre-fort, mais ils ne peuvent pas s'emparer de notre mérite.

Dâna est ce que nous pouvons extraire de nos possessions matérielles, et ce qui en devient l'essence.


Il y a. dans ces actes de générosité, une puissance énorme et leurs résultats positifs peuvent beaucoup contribuer à notre bonheur, à notre bien-être et à notre contentement. Très souvent, le Bouddha ouvrait ses causeries par le sujet du don. car c'est une qualité très importante sur notre chemin spirituel. C'est la base de tout ce chemin, c'est la fondation même des pas qui vont suivre.



 








tradition Théravada4 Nobles VéritésenseignantsVisuddhimagga Plan du site /liens
Bouddha
Dhamma
Shanga
Sila & Dana
Le divin
Méditer